Elections législatives : Jordan Bardella (RN) appelle "les patriotes" à "ne pas disperser leurs voix"

Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a appelé samedi "les patriotes" à "ne pas disperser leurs voix" dans le Vaucluse, place forte de l'extrême droite, où les partisans de Marine Le Pen et d'Eric Zemmour mènent un affrontement fratricide.

AFP
Elections législatives : Jordan Bardella (RN) appelle "les patriotes" à "ne pas disperser leurs voix"
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A une semaine du premier tour des législatives, Jordan Bardella a choisi de mobiliser ses troupes en tenant une réunion publique à Cavaillon, dans une circonscription très symbolique de l'affrontement que se livrent dans ce département du Sud-Est de la France les frères ennemis de l'extrême droite.

Marine Le Pen tiendra elle son premier meeting de campagne dimanche à Hénin-Beaumont, dans son fief du Pas-de-Calais. "Deux terres de résistance à la macronie", a expliqué M. Bardella évoquant un "troisième tour de la présidentielle et la dernière occasion pour le peuple français de limiter les pouvoirs" du président réélu.

Dans la 2ème circonscription du Vaucluse, celle de Cavaillon, Reconquête! a choisi d'aligner face à la conseillère régionale RN, Bénédicte Auzanot, le très médiatique président des jeunes avec Eric Zemmour, Stanislas Rigault, qui aura pour suppléante de luxe Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen.

L'ancienne député RN du Vaucluse entre 2012 et 2017 a renoncé à assumer le premier rôle du fait de sa grossesse.

"J'ai beaucoup de respect pour Stanislas Rigault mais Reconquête! a fait le choix d'envoyer des candidats parisiens où nous avons depuis longtemps des élus qui sont des représentants légitimes du camp national", a expliqué devant la presse le président par intérim du RN.

"Avec 7,07% des voix à la présidentielle (le score d'Eric Zemmour), la possibilité de se qualifier au second tour des législatives est quasi inexistante", a expliqué M. Bardella, appelant les électeurs tentés par un vote Reconquête! à "ne pas disperser leur voix", "à voter utile" et "à soutenir le candidat patriote le mieux placé".

"Les Français ont tranché entre nous à la présidentielle" et "les gens voient bien que la dynamique est de notre côté", a expliqué le leader d'extrême droite qui dit nourrir l'espoir d'arriver en tête au premier tour.

"C'est un objectif ambitieux mais réalisable, si on en croit les derniers sondages qui ne nous situent plus qu'à trois points de la majorité présidentielle et de l'union de la gauche radicale".

Dans le Vaucluse, Marine Le Pen a obtenu 52% des voix à la présidentielle et est arrivée en tête dans quatre circonscriptions sur cinq. "Alors, pourquoi pas le grand Chelem cinq députés RN, c'est possible", a-t-il lancé, avant d'expliquer que l'ambition de son parti était d'avoir "un groupe puissant" à l'Assemblée (15 députés au minimum contre six dans l'assemblée sortante).

Pour Jordan Bardella, ces législatives sont "un référendum" sur "la retraite à 65 ans voulue par Macron, l'impuissance du gouvernement face à l'explosion des prix, l'immigration et l'insécurité hors de contrôle".

Dans son meeting, le député européen, a accusé Jean-Luc Mélenchon (NUPES) de "vouloir transformer l'assemblée nationale en squat ou en gigantesque ZAD (zone à défendre) regroupant les avocats du burkini, des islamo-gauchistes ou ceux qui veulent désarmer la police".

Il s'en est également pris au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "incapable d'assurer la sécurité de Français", selon lui, et qui devrait "démissionner" après les incidents du Stade de France, et au ministre de l'Education, Pap Ndiaye: "Voulez-vous vraiment que ce théoricien de la haine de la République s'occupe de l'éducation de vos enfants?", a-t-il lancé sous les huées.

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