Les élections municipales françaises, dont le premier tour se tient ce dimanche malgré les mesures prises par le gouvernement français, font énormément réagir les utilisateurs des réseaux sociaux.

Quelque 47,7 millions d'électeurs, dont 330.000 ressortissants de l'Union européenne, sont appelés aux urnes, alors que la France a fermé à minuit tous les "lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays". Si depuis plusieurs jours, de nombreux hommes et femmes politiques avaient demandé qu'elles soient reportées, ce sont maintenant les internautes qui s'insurgent.

Les messages avec le hashtag #jeniraipasvoter se multiplient depuis ce matin, encourageant à ne pas aller voter pour ne pas aggraver la crise que connaît la France. Et pour cause : avec un doublement des cas en 72 heures, et désormais 4.500 personnes contaminées dont plus de 300 cas graves en réanimation, la France a atteint le stade 3 de l'épidémie, qui correspond à une circulation active du virus sur l'ensemble du territoire, a annoncé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Incompréhension et indignation

"Pourquoi nous inviter à des mesures de distanciation #stade3 et maintenir un scrutin qui pourrait se tenir dans 2 ou 3 mois?", peut-on lire sur les réseaux sociaux. Des questions adressées à Edouard Philippe, Premier Ministre, mais également à Emmanuel Macron, qui sont vivement critiqués au vue de cette décision.

Risque d'abstention massive

En plus du risque de propagation du virus, un second problème est pointé du doigt : le risque d'abstention massive. Puisque les citoyens sont nombreux à ne pas vouloir prendre de risque en allant voter, le taux d'abstention risque d'être très élevé. Peut-être même encore plus qu'en 2014, où le taux d'abstention était de 36,45% au premier tour. A l'époque, ce taux était déjà un record pour ce type de scrutin.