Alors que les rassemblements de plus de 1000 personnes sont à présent interdits en France, les autorités ont toutefois pris la décision de ne pas reporter les élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Des mesures particulières ont tout de même été mises en place pour limiter les risques de propagation, mais le risque d’une abstention élevée plane toujours.

Dès l’arrivée du virus dans en France, les autorités avaient immédiatement éludé la possibilité d’un report des élections municipales qui se vont se tenir les dimanches 15 (premier tour) et 22 (second tour) mars prochains dans tout l’Hexagone. L’exécutif a tout de même annoncé ce lundi, qu’il allait mettre en place un dispositif particulier dans tout le pays pour éviter la propagation du Covid-19, alors que les Français doivent désigner leurs élus dans plus de 35.000 communes.

Masque, stylo personnel et distance de sécurité

Pour éviter au mieux les risques de contaminations, le ministre de l’Intérieur français, Christophe Castaner, a fait parvenir ce lundi, par le biais d’une circulaire, une liste des précautions d’usage à l’attention des préfets et des maires. Les bureaux devront être aménagés pour éviter les "situations de promiscuité prolongée", explique le ministre. Le ministère de l’Intérieur conseille également aux élus locaux de réaliser des marquages au sol afin de maintenir une distance suffisante d’environ un mètre entre chaque personne lors du processus de vote.

Christophe Castaner demande également à ce que les bureaux de vote soient nettoyés régulièrement et que les mairies mettent un point d’eau pour se laver les mains à disposition des votants ou que du gel hydro-alcoolique soit fourni. Les électeurs auront également exceptionnellement le droit d’amener avec eux leur propre stylo pour choisir l’élu de leur choix. Le maire de Montpellier, Philippe Saurel, a d’ores et déjà commandé pas moins de 320 000 stylos qu’il mettra à disposition de la population qui aura fait le déplacement pour venir voter. Le port du masque sera également autorisé dans tout l’Hexagone lors du vote, tant qu’il n’empêche pas l’identification de la personne.

Une abstention à la hausse ?

Une question est sur toutes les lèvres en France, où le virus a déjà tué 33 personnes et contaminé plus de 1700 personnes: quelles seront les répercussions du Covid-19 sur la participation aux élections municipales ?

Pour l’instant, il est quasiment impossible de prédire l’incidence réelle qu’aura le virus sur la participation des citoyens aux élections. Cependant, selon un sondage publié le 6 mars par l’institut français d’opinion publique (IFOP), mené sur plus de 1000 personnes, 16 % jugent « certain » que les risques de contaminations lors du processus de vote puissent les pousser à rester chez eux lors de la tenue des élections municipales.

Pour Alain Vasselle, président de l’Union des maires de l’Oise, interrogé par le journal Le Monde ce lundi, cela concerna principalement les seniors, plus vulnérables au virus. "Parmi les personnes âgées, il y aura un taux d’abstention plus important que d’habitude."

Les réactions politiques vis-à-vis d’une potentielle hausse de l’abstentionnisme ont été nombreuses, et incitent dans la majorité des cas à une mobilisation forte des électeurs. "Venez voter avec des gants, avec des bonnets, avec des masques, mais venez voter !", a déclaré Eric Woerth, député du parti Les Républicains.

Pour l’eurodéputé et membre du Rassemblement National Nicolas Bay, un abstentionnisme trop important pourrait poser problème. "Si l’abstention est anormalement forte, ça poserait une vraie question démocratique", a-t-il déclaré lors d’une interview réalisée par France 2.