Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a condamné lundi les heurts accompagnés de pillages qui ont éclaté la veille dans plusieurs villes des Pays-Bas, en marge de manifestations contre le couvre-feu en vigueur pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

"C'est inadmissible. Toute personne normale ne peut qu'observer avec horreur" ce qu'il s'est passé, a affirmé M. Rutte, au cours d'une interview donnée lundi à plusieurs médias du pays.

"C'est de la violence criminelle et nous allons la traiter comme telle", a-t-il prévenu.

Au moins 250 personnes ont été arrêtées dans tout le pays en marge des rassemblement émaillés de violence, selon la télévision publique NOS.

"Cela n'a rien à voir avec la lutte pour la liberté. Nous ne prenons pas toutes ces mesures pour rire. Nous le faisons car nous combattons le virus et que c'est pour l'instant le virus qui nous prend notre liberté", a ajouté le Premier ministre, estimant que "99%" des Néerlandais soutiennent les restrictions.

"Si ce sont tes amis qui font ça, tes enfants, ta famille, demande-leur d'arrêter", a encore dit M. Rutte, s'adressant aux Néerlandais connaissant des personnes ayant pris part aux affrontements de dimanche avec la police.

Des incidents ont été signalés dimanche notamment à Amsterdam, Eindhoven, La Haye, Breda, Arnhem, Tilbourg, Enschede, Appeldoorn, Venlo et Ruremond.

A Eindhoven, dans le sud du pays, plusieurs véhicules ont été incendiés et des commerces de la gare centrale d'Eindhoven ont été pillés, selon la télévision régionale Omroep Brabant.

"Je pense que si on va sur ce chemin, nous nous dirigeons vers une guerre civile", a déclaré dimanche devant les caméras de télévision le maire d'Eindhoven John Jorritsma, qualifiant les personnes présentes au rassemblement de "lie de la société" et suggérant la nécessité d'une intervention de l'armée.

Les Pays-Bas ont entamé samedi leur premier couvre-feu depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est interdit de sortir de chez soi entre 21H00 et 04H30, et ce au moins jusqu'au 9 février. Tout contrevenant encourt une amende de 95 euros.

Le Premier ministre avait déclaré mercredi que la décision d'instaurer un couvre-feu avait été confortée par la propagation du variant britannique du coronavirus.

© AFP