Selon des informations récoltées par Mediapart, Emmanuel Macron aurait fait part de son intention d'aider Michel Platini dans l'affaire de corruption pour l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Selon Mediapart, qui a eu accès à des écoutes et à des rapports judiciaires, Michel Platini, soupçonné de corruption dans l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar, a affirmé à son ami Jean-Pierre Chanal, Directeur général adjoint des services de la Ville de Marseille, qu'Emmanuel Macron lui a promis son aide dans cet épineux dossier.

"J’ai envoyé un truc à l’Élysée en expliquant que le président avait dit qu’il m’aiderait. (...) Ça serait bien qu’il le montre maintenant, hein", aurait-il lancé. Jean-Pierre Chanal aurait par la suite mis l'ancien joueur de football en contact avec un magistrat de la cour de Cassation, Michel Debacq. Ce dernier aurait usé de son influence pour ouvrir une enquête sur ceux qui l'auraient dénoncé à la justice.

Les faits remonteraient à mars 2018. Emmanuel Macron et l'ex-président de l'UEFA se seraient rencontrés à l'Elysée, grâce à leur ami commun, le journaliste Jacques Vendroux. Un rendez-vous qui n'était pas inscrit dans l'agenda officiel du président et au cours duquel les deux hommes auraient discuté de leur passion commune pour le football.

Jacques Vendroux assure néanmoins que les deux hommes n'ont jamais abordé ce dossier de soupçon de corruption. "À un moment, le président lui a dit : 'Vous en êtes où dans vos histoires ?'", raconte le journaliste. "Le président n’a jamais dit : ‘Je vais m’occuper de vous.’ Jamais, jamais, jamais (...) Il n’a jamais dit : ‘Je vais vous aider.’ Il a dit, je ne sais pas, peut-être qu’il a dit une phrase du style ‘Je vais voir’, mais Michel n’a rien demandé. Et le président n’a rien promis", poursuit-il.

Face à ces révélations, l'Elysée a fortement démenti. "Le président de la République, qui a de l’intérêt pour le football, a reçu le joueur de football, l’icône Michel Platini, mais en aucun cas le justiciable Michel Platini. Le président sait parfaitement qu’il ne peut pas évoquer le dossier individuel d’un justiciable", a indiqué le palais présidentiel.