"J'irai bien sûr à Rouen", a déclaré vendredi Emmanuel Macron à des journalistes lors d'une visite inopinée au Sommet de l'élevage à Cournon d'Auvergne, répondant à une question sur son absence jusqu'à présent sur le lieu de l'incendie de l'usine Lubrizol.

"Evidemment j'ai suivi de très près ce qui se passait à Rouen", a souligné le chef de l'Etat, "mais j'ai considéré que ma présence dans ce moment n'était pas la plus utile".

"Mais j'irai bien sûr à Rouen", a-t-il promis.

Emmanuel Macron "est partout, sauf à Rouen", avait raillé jeudi le président du groupe Les Républicains au Sénat Bruno Retailleau.

"C'est un sujet que le gouvernement gère et sur ce sujet l'un des défis c'est la rapidité de la communication", a estimé M. Macron.

Plusieurs ministres et le chef du gouvernement Edouard Philippe se sont déjà rendus sur place. Mais la communication de l'exécutif a été vivement critiquée après le violent incendie de l'usine chimique, au cours duquel plus de 5.000 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée.

"Il faut lutter contre les fausses informations et le défi c'est d'avoir le plus vite possible une voix unique et la plus indépendante possible. C'est pour ça que j'ai demandé au gouvernement de faire monter les agences indépendantes, car nos concitoyens veulent une parole scientifique qui redonne de la confiance", a ajouté le président de la République.

La liste des 5.000 tonnes de produits brûlés dans l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, le 26 septembre, a été dévoilée mardi par le préfet de Normandie, un délai jugé trop long par la population locale et les oppositions.

Une mission d'information sur l'incendie va être créée à l'Assemblée nationale. Une commission d'enquête transpartisane le sera aussi au Sénat, "la semaine prochaine" a précisé jeudi le président LR de la Haute assemblée Gérard Larcher.