Alexeï Navalny

Le 20 août 2020 Alexeï Navalny, principal opposant russe, est placé en réanimation dans un état grave dans un hôpital en Sibérie après avoir fait un malaise dans un avion, son entourage dénonçant un empoisonnement. Le 21, l'hôpital russe affirme qu'"aucun poison" n'a été découvert dans son organisme.

Le 22, Navalny, dans le coma, est transféré dans un hôpital de Berlin à la demande de sa famille malgré le refus initial de l'équipe médicale russe. Les médecins allemands déclarent le 24 que l'opposant présente bien des "traces d'empoisonnement". Mais mardi le Kremin leur a reproché de conclure à la hâte, la baisse de l'enzyme cholinestérase constatée chez Navalny pouvant selon Moscou avoir "de nombreuses causes, notamment la prise de certains médicaments".

Déjà le 28 juillet 2019, Alexeï Navalny, alors incarcéré en Russie pour avoir appelé à manifester devant la mairie de Moscou, avait été admis à l'hôpital pour un mal mystérieux. Ses paupières étaient gonflées et il présentait de multiples abcès au cou, au dos, sur le torse et aux coudes.

Les autorités parlent alors d'une "grave réaction allergique" mais son entourage affirme qu'il a vraisemblablement été victime d'"un agent toxique". Les services de santé rétorquent n'avoir trouvé "aucune substance toxique" dans son organisme.

En 2017, M. Navalny avait aussi dû être soigné en Espagne d'une brûlure à l'oeil reçue après avoir été aspergé d'un antiseptique chirurgical.

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Sergueï Skripal

Le 4 mars 2018, l'ex-agent double russe et sa fille Ioulia sont retrouvés inconscients dans un centre commercial de Salisbury (sud de l'Angleterre) et hospitalisés dans un état grave.

Londres accuse Moscou d'être derrière cet empoisonnement au Novitchok, un puissant agent innervant de conception soviétique, en représailles pour sa collaboration avec le renseignement britannique. Le Kremlin nie. L'affaire provoque une crise diplomatique.

Sergueï Skripal et sa fille sortent de l'hôpital dans les mois suivants. Leur empoisonnement fait une victime collatérale, une femme qui décède après s'être aspergée de ce qu'elle pensait être un parfum, contenu dans un flacon ramassé par son compagnon.

En juin dernier, la police antiterroriste britannique renouvelle son appel pour obtenir des informations sur deux suspects russes relevant du renseignement militaire russe (GRU).

Piotr Verzilov

Piotr Verzilov, un militant du groupe contestataire Pussy Riot, est hospitalisé à Moscou le 14 septembre 2018 dans un service de réanimation toxicologique dans un état grave.

Il est rapidement transféré dans un hôpital berlinois, en pleine affaire Skripal. Les expertises médicales allemandes suggèrent "très vraisemblablement un cas d'empoisonnement".

Pour son ex-épouse Nadejda Tolokonnikova, également militante des Pussy Riot, quelqu'un en Russie, peut-être une "agence des forces de sécurité", a voulu l'assassiner. Selon elle, il aurait été empoisonné alors qu'il assistait à son procès dans un tribunal moscovite le 11 septembre 2018.

Alexandre Litvinenko 

L'ex-agent du FSB (services secrets russes), opposant au Kremlin en exil, décède en 2006 d'un empoisonnement au polonium-210, substance radioactive très toxique.

Une enquête britannique établit, près de dix ans après, la culpabilité de deux exécutants russes qui avaient pris un thé avec la victime dans un hôtel et conclut à la responsabilité de Moscou, qui dément.

Et l'Ukrainien Viktor Iouchtchenko

En 2004, le candidat de l'opposition ukrainienne, héros de la Révolution orange, tombe gravement malade en pleine campagne pour la présidentielle qui l'oppose au favori de Moscou, Viktor Ianoukovitch.

Des médecins autrichiens identifient trois mois plus tard un empoisonnement à la dioxine. Son visage grêlé et déformé porte toujours les traces de la maladie.