Après avoir poursuivi Didier Raoult, ferveur défenseur de l'hydroxychloroquine, et s'être intéressé aux praticiens qui apparaissaient dans le documentaire complotiste Hold-Up, l'Ordre français des médecins s'attaque maintenant aux docteurs qui ont vanté les mérites du "TAP", un protocole de soins anti-Covid.

Pour faire court, le "TAP" - traitement ambulatoire précoce - est un "protocole" à destination des patients atteints de Covid. Même s'il a des allures de document officiel, le TAP repose en réalité sur des bases scientifiques hasardeuses. Pour les patients légers, le TAP conseille d'utiliser des médecines douces, comme des compléments alimentaires ou de l'acupuncture. "Un cocktail qui n'est plus expérimental mais exploratoire à ce niveau", détaille RTL. Pour les patients les plus gravement atteints, le document conseille l'emploi de... l'hydroxychloroquine qui a pourtant été déconseillé dans le traitement du Covid.

Du blâme à l'interdiction d'exercer

Pour l'ensemble des cinq praticiens interrogés par le journal Le Monde, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un "document criminel". "Je ne comprendrais pas qu'un médecin le suive", a même rajouté Pierre Cochat, président de la Commission transparence de la Haute autorité de santé. Mais, comme l'explique Libération, ce document est le fruit du collectif "Laissons les médecins prescrire" qui regroupe une quarantaine de médecins. Au cours du mois de janvier, ce document a également été relayé par un petit nombre de médecins.

"En cette période de vulnérabilité particulière, les médecins doivent être un repère encore plus fiable pour les patients", regrette le Conseil national de l'ordre des médecins qui a aussitôt saisi la Haute autorité de santé.

Depuis avril 2020, l'Ordre des médecins a déjà déposé 11 plaintes contre des professionnels de santé pour "désinformation liée au Covid". En plus de Didier Raoult, l'Ordre a entre autres poursuivi d'autres docteurs, notamment pour avoir vanté les mérites de l'hydroxychloroquine sans base scientifique solide.

Rappelons que les sanctions de l’Ordre des médecins peuvent aller du blâme à l'interdiction d'exercer.