Ils ont entre 20 et 30 ans et témoignent de leurs fortunes et déboires numériques.

"Il y a un prochain rendez-vous le 17. Yes, c'est bon. Non ! Le rendez-vous n'est plus disponible... Ah, je viens d'avoir une place": Clara, architecte de 27 ans, s'est débattue tout la journée de mardi pour obtenir un rendez-vous à Paris près de son travail.

"Je sais qu'à chaque fois que je sors je prends des risques, me faire vacciner ça me permettrait d'avoir un petit peu ce poids-là en moins sur la conscience. J'espère ne pas le choper d'ici là..."

Pour Marie, 26 ans, être vaccinée est une urgence professionnelle: programmatrice dans une société de production cinématographique, elle est tout le temps entre festivals et tournées d'avant-premières.

"Pendant toute la matinée, j'étais sur Doctolib à la fois sur mon téléphone et sur l'ordinateur" en même temps que des collègues, pour se vacciner ensemble. "Quand j'ai réussi à prendre un rendez-vous dans un centre du nord de Paris, la journée entière était dispo! Mais le temps que je prenne pour moi, il n'y en avait plus... et j'ai dû choisir un autre jour pour mes collègues".

Thomas, 31 ans, ne "sentait pas le besoin" d'être vacciné. L'occasion s'est présentée via ses collègues de travail. Le dessinateur-projeteur dans une agence d'architecture en a profité.

"Je ne dirais pas que je culpabilise mais presque. Je ne sais pas trop où me positionner...", décrit-il. "Je ne me sens pas prioritaire pour avoir une dose mais je sais qu'il y en a plein qui sont perdues et que ça aiderait la cause en quelque sorte".

Partir en vacances à la fin du mois et vivre sereinement. C'est ce qui a motivé Laura, journaliste radio de 24 ans. Elle était prête à faire de la route pour avoir un rendez-vous rapidement. Elle se tenait au courant sur tous les sites et plateformes recensant les créneaux disponibles.

"Mardi, j'ai regardé pour le lendemain par curiosité et je me suis aperçue qu'il y avait des créneaux le jour-même, raconte-t-elle. Plusieurs étaient libres à Meaux. Même si c'était à 1H15 de voiture, je me suis dit que je ne trouverais pas une dose près de chez moi à Paris aussi vite".

"Le faire vite"

Inès, 22 ans, est étudiante à Sciences-Po. Elle a déjà eu le Covid et prévoit des vacances à la fin du mois avec son ami. Pour elle, hors de question d'attraper une seconde fois la maladie avant de partir.

"Avoir un créneau c'était hyper-compliqué", témoigne-t-elle. "Mardi, je me battais depuis le matin. C'est vraiment une joute numérique pour avoir son rendez-vous. Mais une fois dans le centre, j'ai attendu même pas 10 minutes. La médecin m'a juste demandé si j'avais déjà eu le Covid". Du coup: une seule dose pour elle, comme le prévoit le protocole.

Alan, professeur d'anglais de 27 ans au Havre, se marie l'année prochaine. L'échéance, les conditions de travail et les voyages de classe à l'étranger l'ont fait réfléchir depuis quelques temps à la vaccination.

"Pour l'instant, il n'y a rien sur le Havre, on m'a dit que si je voulais être vacciné sous 24 heures, il fallait aller soit à Rouen, soit à Caen. C'est peut-être moi qui m'y suis pris trop tard!", déplore-t-il. "Comme c'est le tout début, et que ça ne commence vraiment que mercredi, pour l'instant, c'est un peu bouché ici"...

Avoir reçu les deux doses avant août: c'est l'objectif que Quentin, étudiant de 22 ans, et deux amis, se sont fixé pour leur projet de vacances en Italie. "L'amie d'un ami" lui a parlé d'un centre de vaccination où il était possible de "gruger", près de Clamart - en prétextant des comorbidités. L'étudiant a pris rendez-vous lundi et a reçu la première dose mardi.

"C'est un soulagement", même s'il sait qu'il doit attendre la 2e dose pour être immunisé. "On est dans le processus pour sortir de ce truc et faire les choses sans stresser en permanence de choper le Covid. Et surtout, le plus grave, de le refiler à des gens fragiles".