Le parquet de Bochum (nord-ouest) a perquisitionné vendredi des locaux et logements privés liées à une entreprise proposant de tels tests antigéniques, selon une porte-parole citée par le quotidien Süddeutsche Zeitung.

La parquet de Lübeck (nord) a également ouvert une enquête pour "fraude" liée à la "réalisation et la facturation de tests rapides", selon l'hebdomadaire WirtschaftsWoche; et l'autorité sanitaire de Cologne a visité vendredi un centre pour un contrôle inopiné.

Ces tests sont gratuits depuis plusieurs semaines pour les habitants en vertu d'une règlementation fédérale visant à multiplier les dépistages. Celle-ci prévoit un remboursement de jusqu'à 18 euros par test, mais plusieurs médias allemands ont pointé ces derniers jours l'absence et l'impossibilité de contrôles.

Les centres ne doivent en effet fournir ni les noms des personnes testées, ni d'autres documents, comme des factures pour l'achat d'ustensiles.

"Il suffit qu'ils transmettent le nombre de tests, sans aucun justificatif, et ils recoivent le virement d'argent peu de temps après", selon une enquête commune des télévisions publiques NDR et WDR, avec le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui a lancé l'affaire.

Pour déceler les irrégularités, les journalistes ont compté les personnes venues pour se faire tester à plusieurs endroits afin de les comparer aux chiffres transmis aux autorités. Le résultat: pour une centaine de dépistages effectués, un centre en déclarait 422; ailleurs, au lieu de 550, l'entreprise disait en avoir fait 1.743 sur une journée.

Depuis l'ouverture des tests gratuits à toute la population, de tels points de dépistage, faciles à ouvrir, se multiplient en Allemagne: en Rhénanie du Nord-Westphalie, la plus grande région, le ministère de la santé en a recensé plus de 8.000.

A Berlin, où il y en a au moins 1.200, "chaque stand de Kebab peut obtenir un certificat" pour proposer des tests, a même lâché au journal Tagesspiegel le gérant de plusieurs centres dans la capitale, sous couvert d'anonymat.

En réaction aux révélations, la ville de Münster (nord-ouest) a retiré la concession à une société épinglée, qui opère une cinquentaine de centres dans plus de 30 villes allemandes.