La Suisse a beau se situer au cœur du territoire européen , sa relation avec l’Union n’a jamais coulé de source. Ceux qui, parmi les Helvètes et les Européens, voyaient la Confédération helvétique devenir un jour membre de l’Union ont dû en faire leur deuil. Vingt ans après la conclusion d’un premier accord de libre-échange entre Berne et la CEE, les Suisses se sont opposés, le 6 décembre 1992, à l’entrée de leur pays dans l’Espace économique européen, qui avait été conçu pour réunir les membres de la Communauté et ceux de l’Association de libre-échange (AELE).

Depuis ce "non" retentissant, la Suisse s’est engagée sur la voie de la conclusion d’accords bilatéraux sectoriels (agriculture, obstacles techniques au commerce, marchés publics, recherche, environnement, lutte contre la fraude, etc.) "taillés sur mesure pour répondre à ses besoins", selon le discours officiel à Berne. Un premier paquet d’accords a été signé en 1999, puis un second en 2004. Mais la situation s’est envenimée quand, le 9 février 2014, la population suisse a approuvé l’initiative populaire "Contre l’immigration de masse", initiée par l’Union démocratique du centre (UDC), le parti à la droite de la droite de l’échiquier politique. Exclue par ricochet du programme Erasmus, la Confédération a trouvé un moyen de répondre aux exigences de sa population de manière soft, en donnant une préférence nationale à l’embauche et en complexifiant le recrutement de travailleurs européens.

Afin de simplifier ces relations compliquées, l’UE et la Suisse ont entrepris de négocier aussi un accord-cadre institutionnel - celui dont il est question actuellement - sans réussir à conclure jusqu’ici.