"La relation avec la Turquie reste difficile. Des signes positifs ont été constatés en Méditerranée orientale, mais le comportement d'Ankara continue de poser des problèmes et reste une source de préoccupation", a expliqué un responsable européen.

Les conditions d'un déplacement des présidents des institutions européenne à Ankara ne sont pas encore réunies, selon un diplomate. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell prépare un rapport sur l'état de la relation avec la Turquie pour le sommet européen.

"Le sujet sera discuté lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi prochain à Bruxelles et les positions des Etats membres permettront à M. Borrell de mettre la touche finale à ses recommandations", a indiqué jeudi le responsable européen.

"La Turquie est un partenaire particulier pour l'UE, car elle est candidate à l'adhésion. Or elle a toujours de comportements qui posent problème", a-t-il souligné.

Ce jeudi encore, l'UE a mis en garde la Turquie contre une interdiction du principal parti prokurde, estimant qu'elle saperait la crédibilité de l'engagement en faveur des réformes. La fermeture du Parti démocratique des peuples (HDP), deuxième plus grand parti d'opposition, "violerait les droits de millions d'électeurs en Turquie", a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les relations entre l'UE et la Turquie ont été très tendues tout au long de l'année 2020 à causes d'activités jugées "agressives" en Méditerranée orientales et de l'implication d'Ankara dans les conflits en Syrie, en Libye et au Nagorny-Karabakh.

Le président turc a montré une volonté d'apaisement fin 2020 après un sommet européen au cours duquel les dirigeants de l'UE ont décidé de sanctionner certains agissements de la Turquie.

"Nous observons une absence de signaux négatifs depuis le début de l'année, mais personne n'est naïf, car plusieurs facteurs expliquent ce comportement: le changement de président aux Etats-Unis, la fragilité de l'économie turque et les conséquences des possibles sanctions européennes", a expliqué un diplomate européen.

"L'UE doit reconnaître les signes positifs et les encourager avec une ouverture graduelle sur les relations économiques, l'union douanière et le dialogue politique. Mais elle doit rester vigilante. Si la situation vient à se dégrader à nouveau entre la Grèce et la Turquie ou sur Chypre ou sur d'autres sujets, il faudra repartir dans l'autre sens", a-t-il averti.