Décrété dimanche pour 15 jours par le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, ce régime d'exception, qui sera en vigueur jusqu'au 9 mai, a permis d'imposer un couvre-feu dans la quasi-totalité du pays et autorise les régions, compétentes en matière de santé, à boucler leur territoire pour limiter la mobilité des Espagnols.

Malgré les critiques de plusieurs formations politiques sur la durée de cet état d'urgence sanitaire, le gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez a obtenu une nette majorité de 194 voix sur 350 députés. Le principal parti d'opposition de droite, le Parti Populaire, s'est abstenu.

Le but de ce régime d'exception est de fournir le cadre juridique permettant d'éviter que les mesures de restriction des libertés prises pour lutter contre le Covid-19 -- à commencer par le couvre-feu -- ne soient annulées par les tribunaux, comme cela s'est produit notamment au Pays basque.

Il s'agit du deuxième état d'urgence sanitaire au niveau national en Espagne depuis le début de la pandémie de Covid-19, le premier, destiné à contenir la première vague, ayant duré de la mi-mars à la fin juin.

La prolongation de six mois permettra au gouvernement de ne pas avoir à solliciter l'autorisation du parlement tous les 15 jours comme cela avait été le cas au printemps.

Le gouvernement a indiqué vouloir éviter un nouveau confinement généralisé alors que les Espagnols gardent un souvenir amer du confinement extrêmement strict du printemps.

L'Espagne, l'un des pays d'Europe les plus touchés par la pandémie, a dénombré officiellement plus de 35.000 morts.