Ce mercredi, le photojournaliste Louis Witter et le journaliste Simon Hamy ont déposé un recours en "référé-liberté" devant le tribunal administratif de Lille. Ces deux confrères dénoncent une "entrave" à la liberté d'informer pour avoir été "empêchés" par la préfecture de police de documenter librement les évacuations de camps de migrants dans le nord de la France (Pas-de-Calais, Grande-Synthe). Ils demandent au tribunal de les "autoriser à accéder aux différents sites" d'évacuation des personnes migrantes.

Sur Twitter, le photojournaliste Louis Witter explique ses difficultés à travailler librement : "Coquelles, près de Calais. Devant le Conforama, des dizaines d’exilés sont en train d’être sortis de leurs tentes par la police. Encore une fois, il est impossible d’approcher le périmètre pour documenter cette expulsion matinale par 1°C."

"Des entraves à la liberté de la presse" fermement condamnées par Reporters sans frontières (RSF) qui demande à la préfecture de "garantir le droit d'informer".



Louis Witter a diffusé sur son compte plusieurs images des scènes observées sur place. Ces photographies, qui montrent notamment un homme en combinaison lacérant une tente, sont de plus en plus partagées sur les réseaux sociaux en France. Il explique publier "une photo des membres des équipes de nettoyage qui accompagnent les policiers lors des expulsions de réfugiés à Grande-Synthe. Cagoule deux trous, couteau à la main pour lacérer les tentes."


Contactée par le quotidien Le Parisien, la préfecture du Nord a dit avoir "pris acte" mais ne pas avoir encore été informée de ce recours. Elle se réservait, hier, le droit de réagir lors de sa réception.

Des associations présentes sur place

Plusieurs associations sont sur place aux côtés des journalistes, dont Human Rights Observers, Auberge des Migrants et Utopia 56. Cette dernière a publié un communiqué de presse : "A 6h aujourd’hui (30 décembre), la police s’est déployée sur un parking du centre commercial de Coquelles, ville limitrophe de Calais. Les équipes de nettoyage de la mairie y ont détruit et jeté des dizaines et des dizaines de tentes et couvertures distribuées par nos associations, dans lesquelles survivaient une centaine de personnes exilées."

Pour Gaël Manzi, co-président d’Utopia 56 : "Il faut en finir avec cette politique de non-accueil, revoir les accords du Touquet et acter au plus vite l’élaboration de voies de passage sûres et légales vers le Royaume-Uni."