L'Allemagne va entrer dans un confinement partiel mercredi pour plus de trois semaines avec la fermeture des commerces "non-essentiels" et des écoles, pour tenter d'infléchir "la croissance exponentielle" des infections avant les fêtes de fin d'année, selon Angela Merkel.

A l'issue d'une nouvelle consultation avec les dirigeants des 16 Etats régionaux, la chancelière a annoncé dimanche une batterie de nouvelles restrictions qui resteront en vigueur jusqu'au 10 janvier.

Fermeture de tous les commerces à l'exception des magasins d'alimentation, des pharmacies, des drogueries etc., fermeture des écoles trois jours avant le début des vacances de Noël qui seront en outre prolongées d'une semaine, appel aux employeurs à privilégier coûte que coûte le télétravail : la cheffe de gouvernement veut réagir à "la croissance exponentielle" des infections et aux "très nombreux décès".

"Nous sommes contraints d'agir et nous agissons maintenant", a souligné la chancelière.

Durant trois semaines et demi, les autorités souhaitent "mettre en application dans tout le pays le principe de +nous restons à la maison+", selon le texte de la résolution adoptée par l'Etat fédéral et les Länder.

De fait les Allemands vont retrouver le confinement partiel qu'ils avaient connu durant plusieurs semaines au printemps. Mais s'ils sont enjoints de limiter drastiquement leurs contacts et d'éviter les voyages dans le pays et à l'étranger, ils ne sont pas soumis à des autorisations pour sortir de chez eux et n'ont jamais jusqu'ici subi un confinement strict comme en France.

Les contacts sociaux devront toutefois rester très restreints du 24 au 26 décembre où les rencontres ne seront possibles qu'entre membres de la très proche famille.

Le dirigeant de la Bavière, Markus Söder, partisan de mesures drastiques, a tiré la sonnette d'alarme, affirmant que la pandémie était "hors de contrôle".

C'est "une catastrophe qui touche davantage nos vies que toute autre crise de ces 50 dernières années", a-t-il ajouté.

Le nombre de nouvelles infections et de morts a atteint ces derniers jours des records jamais atteints dans un pays qui était resté relativement épargné jusqu'ici par la pandémie.

"Nécessaire"

Le seuil des 30.000 infections a été frôlé vendredi puis samedi, avec 598 décès jeudi.

Après six semaines de fermeture des restaurants, bars, théâtres, cinémas, musées et enceintes sportives, l'Allemagne a dû faire le constat que ces restrictions étaient insuffisantes.

"Ce n'est pas le jour pour regarder en arrière, c'est le jour pour faire ce qui est nécessaire", a averti Angela Merkel.

Tout au long de l'automne, elle s'était déclarée favorable à des mesures plus dures mais n'avait pas réussi à s'imposer face à certains Etats régionaux, compétents en matière sanitaire, moins touchés par l'épidémie.

Mais à l'approche des fêtes de fin d'année, de nombreux Allemands se retrouvent en groupes autour de stands de vin chaud ou de gaufres dans toutes les villes du pays au point que la chancelière s'en est vivement inquiétée cette semaine devant les députés.

Résultat: la vente d'alcool sur la voie publique va également être interdite à partir de mercredi.

Beaucoup d'Allemands vaquent aussi à leurs achats de Noël et certains grands magasins et centres commerciaux étaient quasiment pris d'assaut samedi avec de longues files d'attente devant les entrées.

Dans une lettre ouverte à la chancelière, une trentaine d'acteurs du commerce de détail ont mis en garde contre les conséquences dramatiques d'une nouvelle fermeture des magasins juste avant Noël.

Dimanche, les chiffres s'amélioraient quelque peu, avec 20.200 nouvelles infections en 24 heures et 321 morts mais cette évolution est surtout imputable au fait que certains nouveaux cas ne sont pas répertoriés durant le week-end.

Certaines régions n'ont pas attendu la réunion de dimanche pour prendre des mesures. En Saxe (est), l'Etat régional le plus frappé par l'épidémie actuellement, les fermetures de magasins et d'écoles vont entrer en vigueur lundi.