300 jeunes, un hangar désaffecté dans le 13e arrondissement de Paris, de la musique à fond avec plusieurs DJ qui se chevauchent, des néons, des dessins psychédéliques projetés au plafond, un bar, un dancefloor. Bref le cocktail parfait pour une soirée réussie... hors Covid ! Car en pleine pandémie, ce genre d'événement ne fait pas bon ménage. Pour l'occasion, les organisateurs avaient baptisé la fête "I want to break free". Ils risquent d'ailleurs de ne pas être "free" très longtemps. En plein Covid, une soirée comme cela peut se payer cher, très cher. Ils encourent une peine d'un an de prison et jusqu'à 15 000 euros d'amende pour "mise en danger de la vie d'autrui" !

Âgé de 27 ans, l'organisateur a tenté d'expliquer sa démarche auprès de BFM TV. "On a décidé d'entrer en résistance et de lancer cet appel à se cacher ensemble pour faire la fête car les jeunes n'ont plus aucun espace pour exister ensemble. Ils vivent dans un manque terrible et on essaye de continuer à leur apporter ça, malgré les risques."

Bien évidemment, avec l'alcool qui coule à flots, personne ne respecte les règles sanitaires en vigueur. Sur les images, on voit les fêtards s'amuser entre eux, discuter de façon proche pour s'entendre ou d'autres qui s'embrassent dans les coins sans respecter les gestes barrières.

L'un des participants s'est exprimé pour la chaîne d'info en continu. "Les masques, certains les portaient. La majorité n'en avait rien à faire. Quand on vient dans ce genre de fête, on sait qu'on risque de croiser quelqu'un qui a le coronavirus. C'est à nous de prendre nos responsabilités."

Une machine bien huilée !

Pas facile d'organiser des soirées par les temps qui courent. Pour ce faire, l'organisateur a une technique bien rodée. Tout d'abord, sur Facebook, il lance les invitations par cooptation dans un groupe fermé. Via une plateforme internet, les heureux élus doivent payer 15 euros pour obtenir le droit d'y entrer. En quelques heures, les tickets partent tous comme des petits pains !

Sous couvert d'anonymat, un autre participant explique le fonctionnement. "On nous a donné le point GPS au dernier moment, vers 18 heures. Quand nous sommes arrivés, un homme nous a indiqué la direction en nous demandant de rester discrets."

L'organisateur sait désormais comment faire pour organiser ces soirées. "On a ce savoir-faire maintenant. On peut, en moins de deux heures, s'installer n'importe où et monter une soirée très discrète comme celle-là" explique le fondateur de ce jeune collectif spécialisé dans les soirées clandestines.

"Ils se font de l'argent sur le dos des fêtards"

Le maire socialiste du 13e arrondissement, Jérôme Courmet, a déploré ces comportements immoraux. "Tout ça, c'est une façon de remettre de l’essence dans le moteur de l’épidémie. Sans compter que le lieu n'est pas du tout approprié pour recevoir du public", a ajouté l'élu. "Les organisateurs exposent des personnes à des risques en se faisant de l’argent sur leur dos".

Malgré cette fête irresponsable, la police n'est pas intervenue sur les lieux. Une source policière s'est également adressée au média français. "Généralement la police intervient sur les fêtes clandestines lorsqu'elle est requise par les voisins, notamment pour du tapage. Il n'y a pas eu d'intervention à cette adresse", a-t-elle expliquée.