Amnesty International dénonce un système destiné à "réprimer" des personnes qui, souvent, n'ont pas commis d'infractions. En 2018 et 2019, plus de 40.000 personnes ont été condamnées pour diverses infractions et délits "sur la base de lois vagues, fréquemment "utilisées pour restreindre illégalement les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'expression", affirme l'ONG.

Son rapport de 56 pages, publié mardi, documente des dizaines de cas de manifestants pacifiques "arrêtés arbitrairement" et "victimes d'acharnement judiciaire", selon Amnesty, pendant la période de mobilisation populaire des "gilets jaunes" et contre la réforme des retraites.

"Les violences lors des manifestations sont une préoccupation légitime, mais il y a une volonté politique de faire des exemples et dissuader les gens de descendre dans la rue", affirme à l'AFP Marco Perolini, chercheur pour la France à Amnesty International. Les infractions, souvent formulées "de manière trop vague", amènent la justice à prononcer des sanctions "disproportionnées" contre des manifestants pacifiques, selon le chercheur.

Par ailleurs, "les manifestants se retrouvent régulièrement arrêtés et poursuivis pour 'regroupement en vue de participer à des violences' sur la base de simples soupçons", ajoute-t-il.

Selon les statistiques officielles, 1192 personnes ont été condamnées pour cette infraction en 2019.

Selon Amnesty, la répression des manifestants s'est accrue avec l'adoption de nouvelles lois, notamment celle d'avril 2019 pénalisant des comportements qui ne constituaient pas auparavant un délit, comme se couvrir le visage. En 2020, la crise sanitaire a été l'occasion d'étendre davantage les restrictions au droit de manifester: selon l'ONG, 85 personnes ont été condamnées à des amendes pour avoir manifesté en mai et juin.