"Je suis membre d'une majorité qui défend une ville plus verte, plus juste et plus démocratique qui se donne deux priorités: rassembler les Marseillais en combattant les injustices et dessiner l'horizon d'une ville durable", a lancé l'élu de 42 ans, peu après avoir reçu l'écharpe tricolore de celle qui appartient à la même union de la gauche du Printemps marseillais Michèle Rubirola.

Première femme élue maire de Marseille, cette médecin écologiste a démissionné le 15 décembre, après moins de six mois de mandat, évoquant des raisons de santé et l'ampleur de la crise traversée par une des villes les plus pauvres de France.

Elle avait souhaité que son premier adjoint lui succède et devienne "l'urgentiste" dont a besoin la ville méditerranéenne qui a basculé à gauche aux dernières municipales après 25 ans de règne de la droite et de Jean-Claude-Gaudin.

M. Payan a obtenu 53 voix lors du vote, soit la totalité des voix du Printemps marseillais et du groupe de Samia Ghali, l'ex-sénatrice PS figure des quartiers populaire (9 sièges), lui assurant ainsi la majorité absolue.

L'opposition de droite dans son ensemble a refusé de prendre part au vote. "Ce n'est pas une élection, c'est une désignation de maire qui n'est pas légitime", a fustigé lors d'une conférence de presse Catherine Pila, chef de file du groupe LR (37 sièges).

"Vos membres électeurs pourront-ils comprendre qu'après avoir voté pour une femme écologiste, ils pourraient se retrouver avec un maire homme et socialiste. J'y vois comme une forme de déni de démocratie", avait fustigé avant le vote Guy Teissier, élu Les Républicains et président de la séance.

Les neuf élus du Rassemblement national ont également quitté l'hémicycle lors du vote pour signifier leur mécontentement sur l'inversion des rôles entre le premier adjoint et Mme Rubirola.

Avec Benoît Payan, un des plus jeunes maires de Marseille, le parti socialiste reprend symboliquement le fauteuil occupé pendant 33 ans par Gaston Defferre, ex-ministre de l'Intérieur de François Mitterrand et figure emblématique de la vie politique marseillaise.

Apparatchik

Notaire de formation, Benoît Payan n'a jamais exercé, et est un apparatchik socialiste. Il a fait ses premières armes au sein du département des Bouches-du-Rhône, alors dirigé par Jean-Noël Guérini, puis dans les cabinets, à la région, puis chez la ministre Marie-Arlette Carlotti au sein du gouvernement de François Hollande.

"Je sais la situation financière de notre ville. Ses conséquences sociales et économiques. Nous la surmonterons", a-t-il promis.

Mme Rubirola avait insisté sur la triple crise à laquelle fait face Marseille, se disant incapable en raison "d'épreuves de santé" d'y mettre toute son énergie.

"Etre maire de Marseille, c'est 300% de son temps, j'en donne 150%", avait-elle plaidé mardi, mettant aussi en avant la "crise sanitaire violente" du Covid-19 et "la situation financière calamiteuse" de la municipalité, après un quart de siècle de gestion par la droite.

Benoît Payan veut continuer de porter les priorités affichées par le Printemps marseillais: lutte contre le logement insalubre dans une ville marquée par l'effondrement de deux immeubles vétustes qui avait fait huit morts en 2018, rénovation des écoles, diminution des inégalités.