Les manifestants, rassemblés derrière une banderole "Loi climat = échec du quinquennat", ont relié dans la capitale la place de la République à celle de la Bastille.

Emmanuel Macron s'était engagé devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) à envoyer aux parlementaires leurs propositions de modification de l'article 1 de la Constitution.

Ce panel de 150 personnes, tirées au sort, avait été créé en 2019 afin de donner la parole aux citoyens en matière de lutte contre le changement climatique.

Le texte a été approuvé en mars par l'Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement où Emmanuel Macron dispose d'une large majorité.

Le projet de loi grave, à l'article 1er de la Constitution, que la France "garantit la préservation de l'environnement et de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique".

Or, la majorité du Sénat rejette le terme "garantit", qui donnerait selon elle à la préservation de l'environnement une forme de priorité sur les autres principes constitutionnels.

Face aux réticences du Sénat, dominé par l'opposition et qui doit se pencher dès lundi sur la formulation du texte, le Journal du Dimanche affirme que le président a renoncé au scrutin. Le texte doit en effet être voté dans les mêmes termes par les deux chambres pour pouvoir être soumis à référendum.

La présidence française a eu beau assurer que la mesure "n'est en rien enterrée", écologistes, partis de gauche et syndicats, qui ont manifesté dimanche pour dénoncer "un rendez-vous raté pour le climat", y ont vu une preuve de plus des reculades de l'exécutif qu'ils dénoncent.

Un manque d'ambition symbolisé pour eux par la loi "climat et résilience" adoptée mardi par les députés. Ce texte était pourtant censé traduire une partie des 149 propositions de la CCC, convoquée par Emmanuel Macron avec pour feuille de route de proposer des mesures propres à réduire les émissions françaises de gaz à effet de serre de 40%, "dans un esprit de justice sociale".

Beaucoup d'ex-membres de la CCC ont appelé à participer à ces "marches d'après" l'adoption du texte, après une première mobilisation réussie fin mars: 110.000 manifestants en France selon les organisateurs, 44.000 selon la police.

"Il s'agit de continuer à dénoncer le manque d'ambition de la loi climat et, depuis ce matin, l'abandon quasi certain du référendum qui constitue une reculade de plus", a résumé dans le cortège Cyril Dion, garant de la CCC.

Des manifestations ou rassemblements devaient avoir lieu dimanche dans plus de 150 villes françaises.