Première grande réforme sociétale du quinquennat, le texte, examiné depuis lundi, a été voté par 60 voix contre 37 et 4 abstentions, sous des applaudissements de la majorité. Il doit encore repasser devant le Sénat, peut-être pas avant janvier 2021, avant que les parlementaires des deux chambres ne tentent de trouver une version de compromis.

Outre la mesure emblématique de l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, ce projet de loi prévoit une délicate réforme de la filiation et de l'accès aux origines, et aborde nombre de sujets complexes comme l'autoconservation des ovocytes ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

C'est "une réforme très attendue par nos concitoyens", un "texte équilibré" avec "des avancées majeures", a estimé le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, Adrien Taquet, à 03h40 à propos de cette mesure phare promise par Emmanuel Macron.

Comme en première lecture, le texte a hérissé une très large partie de la droite Les Républicains (LR), vent debout contre la création "d'enfants sans pères", y voyant "une étape de plus vers la GPA", la gestation pour autrui.

En guise d'ultime coup de pression, la Manif pour tous, qui a par le passé organisé des manifestations contre le mariage homosexuel, a lâché vendredi matin deux bouquets de ballons devant l'Assemblée nationale portant l'inscription "Stop PMA". Dans la nuit, le collectif a fustigé le vote "en catimini" de ce texte et a assuré que sa "détermination" restait "intacte" pour le contester.

À l'inverse, pour la présidente de l'association LGBT GayLib, Catherine Michaud, ce texte est une "avancée historique pour les droits et la liberté des femmes". À ses yeux, la loi n'est toutefois "pas achevée. On peut regretter que les personnes trans aient été écartées" de la PMA ou l'existence d'un "mode de filiation spécifique" pour les couples de femmes.

D'autres mesures ont davantage divisé la majorité. Ainsi, la gauche et des élus de la majorité ont tenté en vain de "supprimer la discrimination" subie par les homosexuels qui veulent donner leur sang mais doivent respecter un délai d'abstinence sexuelle de quatre mois. Le ministre de la Santé Olivier Véran a pris l'engagement d'avancer par "voie règlementaire" sur ce sujet.