Interpellé par un jeune homme qui lui demandait de "prolonger jusqu'à 19h00 le couvre-feu, parce que c'est dur", le chef de l'Etat l'a exhorté en souriant à "tenir encore quelques semaines", a constaté l'AFP. "Quatre à six semaines", a-t-il ajouté, au cours d'une visite sur le site de L'Industreet.

Alors que les indicateurs de l'épidémie sont repartis à la hausse, de nouvelles mesures de restriction pourraient être prochainement édictées dans une vingtaine de départements placés sous "vigilance renforcée". Des concertations sont actuellement en cours entre préfets et élus locaux de ces départements, situés notamment en Ile-de-France et autour des grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille). Des confinements locaux le week-end, comme ceux prévalant à Nice et Dunkerque, pourraient être ordonnés à l'issue de ces consultations.

Parallèlement, l'exécutif mise sur la montée en puissance de la vaccination, notamment chez les plus vulnérables et les soignants, afin d'essayer d'atténuer la pression hospitalière. Jean Castex a annoncé jeudi qu'à la mi-mai, "la totalité des personnes de plus de 50 ans se seront vu proposer une première injection" contre le Covid-19. Et d'ici fin mars, "les deux tiers des personnes de plus de 75 ans seront vaccinées", a encore indiqué le Premier ministre. Pour l'heure, seuls près de trois millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,561 million deux doses.

Après Stains, Emmanuel Macron doit d'ailleurs se rendre dans un centre de vaccination à Bobigny, à l'Est de Paris, dédié aux séniors les plus précaires, deux mois après le début de la campagne de vaccination.

Lundi, plusieurs organisations de professionnels du spectacle (théâtre, musique, cinémas, etc.) ont appelé l'Etat à "changer de méthode" pour "déconfiner la culture", alors que l'adjoint à la maire de Paris David Belliard a plaidé pour "ouvrir les lieux culturels".

Le chef de l'Etat doit d'ailleurs tenir cette semaine une réunion avec des membres du gouvernement pour préparer la mise en place d'un "pass sanitaire", qui ne sera pas un "passeport vaccinal", en vue de la réouverture des lieux culturels et des restaurants fermés par la pandémie de Covid-19.

Au niveau européen, où l'idée d'un pass vaccinal doit être débattue, la France est parvenue dimanche à conserver ouverte sa frontière avec l'Allemagne, mais un test négatif de moins de 48 heures sera désormais exigé sans aucune exception à partir de mardi à 00H00 depuis la Moselle, une situation qui concerne 16.000 travailleurs français.

Restrictions supplémentaires à Paris et sa région ?

Trop lent? Les premiers effets de la vaccination sur la pression hospitalière et les décès sont attendus dans un mois, estiment les experts.

D'ici là, d'éventuelles nouvelles restrictions à Paris et en Île-de-France seront au coeur de réunions prévues lundi.

La mairie de la capitale avait semé le trouble, vendredi, en réclamant un confinement de trois semaines, avant de faire marche arrière.

"Une décision comme celle-là ne peut pas être annoncée sans concertation avec les départements de la petite couronne et de la grande couronne", a estimé lundi le numéro un de La République en marche, Stanislas Guerini, sur Public Sénat.

Parmi les mesures proposées, mairie comme région réclament toutes deux un recours renforcé au télétravail.

Le numéro deux du RN, Jordan Bardella, candidat tête de liste aux régionales en Île-de-France, a pour sa part estimé lundi sur RTL que "dans les zones de tension, il ne faut pas s'interdire des mesures locales".

Dimanche, à Paris, les 3.600 policiers et gendarmes déployés ont tenté de réguler l'afflux massif sur les quais de Seine. A Toulouse, la préfecture a interdit l'accès aux berges de la Garonne.

Les craintes d'une circulation hors de contrôle du virus est par ailleurs renforcée par la rentrée scolaire de la zone C, lundi, qui comprend notamment les académies de Paris, Toulouse et Bordeaux.

Près de 3.500 personnes atteintes du coronavirus étaient soignées dimanche dans les services de réanimation, un indicateur en lente progression, de même que le nombre de cas, passé de 140.000 à 150.000 en une semaine.