François Hollande n'a jamais vraiment digéré la "trahison" d'Emmanuel Macron.

Invité de la matinale de France Inter ce mercredi 18 décembre, François Hollande est revenu sur un épisode douloureux de son mandat présidentiel.

Si l'interview a bien sûr principalement tourné autour des manifestations contre la réforme des retraites qui touchent actuellement la France, elle a fini par dévier sur un tout autre sujet. Nicolas Demorand, le présentateur de l'émission a en effet confié avoir reçu une flopée de messages accusant François Hollande d'avoir "ouvert les portes du pouvoir" à Emmanuel Macron et d'avoir "tué la gauche". Il l'a donc encouragé à réagir, ce qu'a aussitôt fait l'ancien président français.

"S'il y a une victime, la première, c'est moi. J'en ai payé suffisamment le prix, y compris en n'étant pas candidat à l'élection présidentielle. Mais c'est vrai qu'il y a eu cette dissidence et il a utilisé la position qui était la sienne pour faire valoir ses propositions, ses idées, sa campagne présidentielle. Mais, moi, j'ai tenu bon sur l'essentiel de ce qui me paraissait être mes positions pendant la période où j'ai été président", a-t-il déclaré.


Pour rappel, c'est François Hollande lui-même qui a "présenté" Emmanuel Macron au grand public en le nommant en 2014 ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique. Une fois propulsé sur le devant de la scène, la bête politique s'est ensuite réveillée et a tout balayé sur son passage, réussissant le tour de force de devenir le plus jeune président de la République française. Sans le coup de pouce de François Hollande, Emmanuel Macron n'aurait certainement pas atteint aussi vite les plus hautes fonctions du pouvoir.

François Hollande, qui entretenait une relation presque filiale avec Emmanuel Macron, a donc eu beaucoup de mal à encaisser la "trahison" dont il a été victime lorsque son poulain s'est présenté avant lui à la présidentielle. On le sait : François Hollande mourrait d'envie de se porter candidat à sa propre réélection mais l'initiative de Macron l'aurait, entre autres, poussé à renoncer.

Ce n'est en tout cas pas la première fois que François Hollande adresse une petite pique à son successeur. Par le passé, il avait déjà déclaré que Macron n'était pas le président des riches mais des "très riches". Il n'avait pas non plus hésité à encourager le mouvement des gilets jaunes qui avait empoisonné le début du quinquennat de Macron.