Elu en avril dernier à la tête d'un parti miné par la cuisante défaite aux élections de décembre 2019 et les divisions notamment sur la sortie du pays de l'Union européenne, Keir Starmer, 58 ans, a conclu mardi le congrès de son parti par un discours diffusé de Doncaster (nord).

Cet ancien avocat et ex-chef du parquet a réitéré ses accusations d'"incompétence en série" du gouvernement dans sa réponse à la crise du Covid-19, qui a provoqué la mort de près de 42.000 personnes au Royaume-Uni, le plus lourd bilan en Europe.

"Il n'est simplement pas sérieux", a-t-il dit au sujet de Boris Johnson, "il n'est simplement pas à la hauteur du job". "Quand Boris Johnson écrivait des articles irrévérencieux sur la courbure des bananes, je défendais des victimes et poursuivais des terroristes", a-t-il poursuivi, faisant allusion à un article sur les normes européennes.

"Quand il a été viré d'un journal pour avoir inventé des citations, je me battais pour la justice et la loi", a lancé Keir Starmer.

Donnant chaque semaine du fil à retordre à l'occasion des questions au chef du gouvernement devant le Parlement, Keir Starmer s'est taillé un costume de Premier ministrable. De récents sondages, dont une étude YouGov, rendus publics juste avant le congrès, placent Labour et Tories au coude-à-coude, avec 40% des intentions de votes.

"Il est temps de prendre la victoire au sérieux", a-t-il ajouté, dans la perspective des élections prévues pour 2024.

Sur le Brexit, Keir Starmer a jugé qu'un échec dans l'obtention d'un accord de libre-échange - que Londres et Bruxelles négocient d'arrache-pied depuis des mois - serait celui de Boris Johnson, "il ne pourra s'en prendre qu'à lui, cet échec sera le sien".

Depuis son arrivée à la tête du Labour, Keir Starmer s'est attaché à régler la question de l'antisémitisme au sein de son parti, prenant le soin de se distinguer de son prédécesseur Jeremy Corbyn, accusé au mieux de complaisance sur cette question.