Après sa défaite électorale historique, le parti travailliste britannique se met en ordre de bataille pour désigner le successeur de son chef Jeremy Corbyn, très à gauche, qui devra mener l'opposition à Boris Johnson dans le Royaume-Uni post-Brexit. 

Le Labour est plongé en pleine introspection pour déterminer les raisons de son pire résultat à des législatives depuis 1935 et tenter de rebondir avec un nouveau leader - et éventuellement une nouvelle ligne entre le radicalisme revendiqué des dernières années et le libéralisme assumé des années Tony Blair.

L'organe exécutif du parti se réunit lundi pour se mettre d'accord sur le calendrier et les principales modalités de l'élection prévue dans les mois à venir après le départ programmé de Jeremy Corbyn, en poste depuis 2015. Cinq députés se sont déjà officiellement déclarés candidats.

Keir Starmer, 57 ans, responsable depuis trois ans du Brexit au sein de l'opposition et un des favoris dans la course, est le dernier en date. Il a rejoint ainsi un autre élu, Clive Lewis, 48 ans et trois députées qui ambitionnent de prendre la tête d'un parti jamais dirigé par une femme: Jess Phillips, 38 ans, dont plusieurs années dans le social, Lisa Nandy, 40 ans, chargée de l'énergie dans le parti, et l'europhile Emily Thornberry, 59 ans, chargée des Affaires étrangères pour l'opposition.

L'autre grande favorite, Rebecca Long-Bailey, 40 ans, ne s'est pas encore officiellement lancée dans la course mais la presse s'attend unanimement à une candidature de celle qui est considérée comme l'héritière naturelle de Jeremy Corbyn.

Depuis la cuisante défaite du 12 décembre, les critiques sont vives contre Jeremy Corbyn, 70 ans, qui se voit reproché des promesses trop radicales, son indécision sur la sortie de l'Union européenne ou encore son incapacité à lutter contre l'antisémitisme dans les rangs du parti.

Le dirigeant du parti est choisi par l'ensemble de ses quelque 500.000 membres, dont de nombreux sont arrivés récemment. La direction du parti doit définir lundi exactement les modalités d'appartenance au collège électoral, qui pourraient influer sur les rapports de force. Elle doit aussi fixer les conditions d'éligibilité des candidats, notamment concernant les parrainages nécessaires pour se présenter. Depuis l'arrivée au pouvoir de Jeremy Corbyn, le système en place accorde de nouveau aux syndicats une place importante dans ce processus.

Une fois le calendrier de l'élection fixé, la campagne devrait officiellement commencer. Le nouveau leader devrait prendre ses fonctions en mars, estiment les médias britanniques.