Premier président français né après la guerre d'Algérie (1954-1962), M. Macron s'est engagé à prendre des "actes symboliques" pour tenter de réconcilier les deux pays, mais il a exclu toute "repentance" et "excuses".

Le président français a lui-même annoncé cette reconnaissance aux petits-enfants d'Ali Boumendjel en les recevant mardi. A l'époque l'assassinat de l'avocat avait été maquillé en suicide.

"Au coeur de la Bataille d'Alger, il fut arrêté par l'armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957", détaille l'Elysée dans un communiqué. En 2000, "Paul Aussaresses (ancien responsable des services de renseignement à Alger, ndlr) avoua lui-même avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide".

L'Elysée ajoute que "ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l'apaisement et la réconciliation", voulant "regarder l'Histoire en face, reconnaître la vérité des faits".

La reconnaissance de ce crime par la France fait partie des préconisations d'un rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit. Ce document, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en France qu'en Algérie, notamment pour ne pas avoir préconisé des "excuses" de Paris pour la colonisation.

A l'approche du 60e anniversaire de la fin de la guerre et de l'indépendance de l'Algérie en 2022, Paris et Alger ont fait de cette "réconciliation des mémoires" un dossier prioritaire et M. Macron son homologue algérien Tebboune se sont engagés à travailler ensemble sur ce dossier.