Guerre en Ukraine: Moscou pilonne l’est de l’Ukraine, une phase de la guerre qui sera "sanglante"

Washington dédie une aide de 40 milliards de dollars à Kiev.

Trois mois après avoir entamé sa guerre en Ukraine et échoué à prendre le contrôle de Kiev et de sa région, la Russie poursuivait dimanche ses bombardements sur l'est du pays, où elle concentre désormais ses efforts militaires. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la phase actuelle de la guerre "sera sanglante".

Des bombardements russes ont visé les villes de Mykolaïv, Kharkiv et Zaporijjia dans la nuit de samedi à dimanche. La veille, sept civils avaient été tués et 10 autres blessés dans la région de Donetsk. "Les Russes jettent tous leurs efforts pour capturer (la ville de) Severodonetsk" où les frappes "ont été multipliées plusieurs fois ces derniers jours", a également assuré Serguiï Gaïdaï, gouverneur ukrainien de Lougansk, où une personne a été tuée et deux blessées. "La ville est en train d'être détruite, comme ils ont détruit Roubijné et Popasna", a-t-il dénoncé, affirmant que les Russes avaient frappé le pont de Pavlograd "ce qui va beaucoup compliquer l'évacuation des civils et les livraisons humanitaires".

L'état-major ukrainien a relevé dans son point matinal quotidien dimanche que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire", et même avait "augmenté l'intensité en utilisant l'aviation pour détruire des infrastructures cruciales". La Russie a affirmé avoir frappé un important stock d'armes fournies par les Occidentaux à l'Ukraine, une information qu'il est encore impossible de vérifier de source indépendante.

Signe supplémentaire que le conflit pourrait s’inscrire dans la durée, le Parlement ukrainien a approuvé dimanche à la majorité absolue les décrets présidentiels sur la loi martiale et la mobilisation générale, qui ont été prolongées jusqu’au 23 août.

Samedi soir, le président Zelensky a assuré que la situation militaire n'avait "pas évolué de manière significative", mais que cela "a été très difficile". Selon lui, la guerre devra in fine se résoudre "via la diplomatie". "Les discussions entre l'Ukraine et la Russie auront forcément lieu", a-t-il déclaré à la télévision ukrainienne ICTV, alors que des pourparlers ébauchés en Turquie ont jusqu'ici échoué.

Son conseiller a cependant prévenu que l'Ukraine n'accepterait pas de cessez-le-feu avec la Russie, qui en profiterait pour commencer "une nouvelle offensive, encore plus sanglante et à grande échelle". Mykhailo Podolyak a également indiqué que Kiev n'envisagerait aucun accord avec Moscou impliquant une cession de territoire.

Intervention à Davos

Lundi, M. Zelensky s’adressera aux élites politiques et économiques mondiales réunies au Forum économique de Davos. Il devrait profiter de cette tribune pour exhorter le monde à fournir à Kiev davantage d’aide financière et militaire. Le président américain Joe Biden a d’ailleurs déjà signé ce week-end la loi adoptée par le Congrès apportant une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars en soutien à l’Ukraine.

Le président ukrainien pourrait également renouveler la demande de Kiev pour adhérer à l'UE, une "priorité" selon lui. Mais Paris a répété dimanche qu'une telle adhésion était exclue à court terme. "Il faut être honnête. (...) Si on dit que l'Ukraine va rentrer dans l'UE dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, on ment. Ce n'est pas vrai. C'est sans doute 15 ou 20 ans, c'est très long", a affirmé le ministre français délégué aux Affaires européennes Clément Beaune. Pendant ce temps, le président polonais Andrzej Duda affirmait devant le Parlement ukrainien qu'il ne relâcherait pas ses efforts "tant que l'Ukraine n'est pas membre de l'UE" .