Menace nucléaire russe : "Poutine a déjà prouvé qu'il était capable de décisions illogiques et autodestructrices", estime Mitt Romney

Faut-il se préparer pour une frappe nucléaire envoyée par la Russie ? Mitt Romney a livré son analyse de la situation dans une opinion publiée dans le New York Times. Face à la menace nucléaire russe, l'ancien candidat républicain à la présidentielle américaine propose plusieurs pistes de réponses militaires et économiques.

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, le risque de voir Vladimir Poutine dégainer l'arme nucléaire grandit. Le ministre russe des affaires étrangères et son ambassadeur aux États-Unis ont tous deux prévenu que la situation actuelle en Ukraine pourrait conduire à une frappe nucléaire. "En affirmant que la Russie prépare ses armes, en mettant en garde contre un risque "sérieux" d'escalade nucléaire et en déclarant "qu'il reste peu de règles", ils ont délibérément agité le sabre ultime", estime Mitt Romney dans un texte publié par le New York Times. "Vladimir Poutine lui-même a fait remarquer qu'il dispose d'armes que ses adversaires n'ont pas et qu'il 'les utilisera, si nécessaire'", poursuit le sénateur, qui rappelle que même le directeur de la C.I.A. a mis en garde contre la possibilité que M. Poutine utilise une arme nucléaire tactique.

Si rien n'indique une menace imminente, Mitt Romney estime que les Etats-Unis doivent être prêts. C'est également l'avis de l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger, selon qui il est nécessaire de prendre la menace en considération. "Nous devrions imaginer l'inimaginable, en particulier la manière dont nous répondrions militairement et économiquement à un tel changement sismique sur le terrain géopolitique mondial", indique Mitt Romney.

Pousser la Russie vers la défaite

Le républicain, qui considérait déjà en 2012 la Russie comme 'le plus grand adversaire géopolitique des Etats-Unis', invite à réfléchir sur la façon de répondre. "Compte tenu de l'ampleur des conséquences d'une frappe nucléaire, nos options potentielles méritent réflexion, tant de la part de nos dirigeants que des citoyens américains."

"En envahissant l'Ukraine, M. Poutine a déjà prouvé qu'il était capable de décisions illogiques et autodestructrices. S'il perd en Ukraine, non seulement il n'aura pas réussi à réaliser l'ambition de sa vie, à savoir inverser ce qu'il considère comme la 'plus grande catastrophe géopolitique' du XXe siècle - l'effondrement de l'Union soviétique -, mais il aura également diminué de façon permanente la Russie en tant que grande puissance et donné un nouvel élan à ses adversaires", analyse l'ex-candidat à la présidentielle.

Les possibles contestations internes auxquelles Poutine pourrait être confronté sont également un important facteur, estime Mitt Romney. Elles pourraient permettre au leader russe de se convaincre que "les États-Unis et l'Occident sont la raison pour laquelle il a envahi l'Ukraine et que la propagande qu'il a déployée pour justifier cette invasion immorale était vraie dès le départ".

Alors, que faire ? Selon le sénateur républicain, il ne faut pas arrêter de fournir des armes et du soutien à l'Ukraine. "Ne pas continuer à soutenir l'Ukraine reviendrait à payer le cannibale pour qu'il nous mange en dernier. Si M. Poutine, ou toute autre puissance nucléaire, peut envahir et subjuguer en toute impunité, alors l'Ukraine ne serait que la première de ses conquêtes", avertit Mitt Romney. "Inévitablement, nos amis et alliés seraient dévorés par des puissances nucléaires effrontées et autoritaires, ce qui aurait pour conséquence de modifier radicalement l'ordre mondial".

Selon lui, la solution est de continuer à donner à l'Ukraine tout le soutien dont elle a besoin pour se défendre et pour gagner. "Ses succès militaires pourraient contraindre M. Poutine à quitter l'Ukraine ou à accepter un cessez-le-feu acceptable pour le peuple ukrainien. Le contrôle qu'il exerce sur les médias russes lui permettrait peut-être de transformer une défaite en un récit destiné à sauver la face dans son pays".

Plusieurs options face à l'arme nucléaire

"Si un Poutine acculé et délirant devait au contraire utiliser une arme nucléaire - que ce soit par le biais d'une frappe tactique ou de l'utilisation d'une des centrales nucléaires ukrainiennes - nous aurions plusieurs options", poursuit Mitt Romney.

Outre la réponse nucléaire, l'ancien candidat à la présidentielle explique que l'OTAN pourrait intervenir dans le conflit et "potentiellement anéantir l'armée russe en difficulté"."Nous pourrions mettre la Chine et tous les autres pays devant un choix semblable à celui que George W. Bush a donné au monde après le 11 septembre : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec la Russie - vous ne pouvez pas être avec les deux", propose-t-il également.

Le républicain prône également la mise en place d'importantes sanctions économiques."Toute nation qui choisirait de conserver des liens avec la Russie après un tel outrage deviendrait elle-même un paria mondial. Une partie ou la totalité de son économie serait coupée de celle des États-Unis et de nos alliés", explique M. Romney, qui concède que l'impact sur les économies occidentales pourrait être significatif, mais l'impact sur les économies de la Russie et de ses compagnons de route serait bien pire. "Cela pourrait finalement être un Armageddon économique, mais c'est de loin préférable à un Armageddon nucléaire."

"Les réponses potentielles à un acte aussi odieux et désorientant sur le plan géopolitique qu'une frappe nucléaire doivent être conçues de manière optimale et bénéficier du soutien de nos alliés de l'OTAN. Poutine et ses complices ne devraient avoir aucun doute sur le fait que notre réponse à une telle dépravation serait dévastatrice", conclut-il.