Guerre Ukraine: les combats se rapprochent de Severodonetsk, la situation est "très difficile" selon le gouverneur

Les combats avec les forces russes ont atteint la périphérie de Severodonetsk, ville de l'Est de l'Ukraine où la situation est "très difficile", a annoncé mercredi le gouverneur de la région.

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Guerre Ukraine: les combats se rapprochent de Severodonetsk, la situation est "très difficile" selon le gouverneur
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"Les troupes russes ont avancé pour être si proches qu'elles peuvent tirer au mortier" sur Severodonetsk, a indiqué sur Telegram Serguiï Gaïdaï, ajoutant que la ville "est tout simplement en train d'être détruite". Il a accusé l'armée russe de bombarder la ville "constamment", y compris à l'aide de lance-roquettes multiples Smertch et Tornado. Selon lui, les bombes visent également l'usine Azot, où des civils sont réfugiés dans des abris anti-aériens.

"La situation dans la ville est très difficile. Hier, il y avait déjà des combats en périphérie" de Severodonetsk, a poursuivi M. Gaïdaï, qui a estimé que "la semaine prochaine sera décisive". Severodonetsk, ville de quelque 100.000 habitants avant la guerre, est sous pression des troupes russes et des combattants séparatistes prorusses depuis des semaines. Le 6 mai, le maire Oleksandre Striouk avait annoncé que la cité était "quasiment encerclée".

Des dizaines de civils y ont été tués dans les bombardements au cours des dernières semaines. Severodonetsk est l'une des villes d'importance dans cette région encore sous contrôle des Ukrainiens, ainsi que celle jumelle de Lyssytchank.

Elles sont situées à plus de 80 km à l'est de Kramatorsk, devenu le centre administratif du Donbass ukrainien depuis que les séparatistes soutenus par Moscou se sont emparés de la partie orientale de ce grand bassin houiller en 2014.

Moscou annonce la reprise des activités du port de Marioupol

La Russie a affirmé mercredi que le port de Marioupol, dans le sud de l'Ukraine, avait repris ses activités après avoir été déminé, un mois après l'annonce de la prise de cette ville stratégique par Moscou. Situé sur la mer d'Azov, qui donne sur la mer Noire, le port de Marioupol était avant l'offensive du Kremlin du 24 février le deuxième port civil le plus important d'Ukraine après celui d'Odessa.

Il permettait notamment d'exporter en masse la gigantesque production ukrainienne de céréales, désormais bloquée dans le pays à cause du conflit, ce qui fait craindre une crise alimentaire mondiale.

"Sont terminées les opérations de déminage et de démilitarisation du port (de Marioupol), qui a commencé à fonctionner de façon régulière", a déclaré mercredi le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

La veille, l'armée russe a indiqué avoir déminé 1,5 million de mètres carrés de l'aire maritime du port, ainsi que 18 quais et 32 navires, précisant que "plus de 12.000 armes et objets explosifs dangereux" avaient été récoltés.

Pour l'instant, Moscou n'a pas dit que la réouverture du port de Marioupol permettra d'exporter en particulier des céréales, une question au coeur de fortes inquiétudes internationales.

Le nouveau chef prorusse de Marioupol, Konstantin Ivachtchenko, a lui affirmé qu'un premier navire quittera le port "dans les prochains jours" avec à son bord environ 3.000 tonnes de produits métallurgiques. Direction Rostov-sur-le-Don, une grande ville russe proche.

Cité par l'agence russe TASS, il a affirmé que 400 personnes travaillaient déjà au port de Marioupol et que "presque tous les décombres avaient été déblayés".

Mercredi, un haut diplomate russe, Andreï Roudenko, a exigé "le déminage par Kiev" des ports de la mer Noire pour que les navires puissent exporter les céréales. Il a affirmé que la Russie était "prête à assurer un couloir humanitaire" aux bateaux.

Moscou a aussi affirmé avoir ouvert mercredi un couloir humanitaire en direction de la mer Noire pour permettre "la sortie sécurisée des navires étrangers" toujours présents dans le port de Marioupol.

Le Kremlin avait annoncé la conquête de Marioupol le 21 avril. Mais les derniers défenseurs ukrainiens sur place, retranchés dans l'immense aciérie Azovstal, ne se sont rendus que la semaine dernière après quasiment trois mois de combats.