Biden exclut de livrer à l'Ukraine des systèmes de lance-roquettes pouvant atteindre la Russie

Le président américain Joe Biden a déclaré lundi exclure de livrer à l'Ukraine des systèmes de lance-roquettes (MLRS) à longue portée qui pourraient atteindre la Russie, malgré les demandes répétées de Kiev pour obtenir de telles armes.

Biden exclut de livrer à l'Ukraine des systèmes de lance-roquettes pouvant atteindre la Russie
©AP

"Nous n'allons pas envoyer à l'Ukraine des systèmes de roquettes pouvant frapper à l'intérieur de la Russie", a déclaré Joe Biden à des journalistes lundi matin.

Des médias américains avaient affirmé ces derniers jours que Washington préparait la livraison de systèmes de lance-roquettes multiples (MLRS) à longue portée à Kiev, après l'approbation par le Congrès d'une aide supplémentaire à l'Ukraine de 40 milliards de dollars.

Mais le porte-parole du Pentagone John Kirby n'avait pas confirmé l'envoi des MLRS M270 - des véhicules modernes très mobiles d'une portée de tir de 300 km.

Un deuxième type de système avait été évoqué: le Himars avec une portée de 70 à 150 km -- bien supérieure aux batteries d'obusiers M777, qui sont actuellement livrés à Kiev et dont la portée effective ne dépasse pas les 40 km.

Les forces ukrainiennes sont actuellement en difficulté dans le Donbass, où l'offensive russe s'est accentuée autour de villes clé. Les forces russes ont progressé vers le centre de Severodonetsk, pilonnée depuis des semaines.

Dans ce contexte, les responsables ukrainiens ont réclamé aux Occidentaux davantage d'armes: "Certains partenaires évitent de donner les armes nécessaires par peur de l'escalade. Escalade, vraiment? La Russie utilise déjà les armes non nucléaires les plus lourdes, brûle les gens vivants. Peut-être qu'il est temps (...) de nous donner des (lance-roquettes multiples) MLRS?", avait tweeté Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne.

Paris "renforcera" ses livraisons d'armes à l'Ukraine, assure Catherine Colonna

La France "poursuivra et renforcera" ses livraisons d'armement à l'Ukraine, a annoncé lundi la nouvelle cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna, en visite à Kiev. Le président français Emmanuel Macron "a fait part de sa décision au président (ukrainien Volodymyr) Zelensky de poursuivre et même de renforcer (son) appui" militaire à l'Ukraine, a-t-elle déclaré, lors d'une conférence de presse avec son homologue Dmytro Kouleba.

"Cet appui se poursuivra", a affirmé la ministre, évoquant plus précisément "la livraison d'armements".

M. Macron avait déjà annoncé fin avril l'envoi de matériel militaire à Kiev, notamment des canons automoteurs Caesar.

Ces obusiers "se sont avérés être des armes fiables et efficaces", a remercié M. Kouleba. "Mais ce ne sont pas les seules armes qui arrivent depuis la France et pour chaque arme, nous sommes reconnaissants."

Mme Colonna a indiqué que d'autres livraisons d'équipement militaire pourraient avoir lieu dans "les prochaines semaines", estimant à deux milliards de dollars le montant total de l'aide versée par la France, sur le plan militaire comme humanitaire.

"Pas plus que ses alliés, la France n'est en guerre contre la Russie mais notre engagement est fort en apportant à l'Ukraine des équipements de défense", a ajouté la ministre.

L'objectif est de "rendre insoutenable le prix de la poursuite de cette agression pour la Russie", qui a lancé l'invasion de l'Ukraine le 24 février.

Dimanche, lors d'un entretien diffusé par la chaîne de télévision française TF1, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé la France d'"armer activement l'Ukraine, y compris avec des armes offensives", et ce malgré "les bonnes relations de confiance qui existent entre (M. Macron) et le président (russe Vladimir) Poutine".

"Les conversations entre le président de la République et Vladimir Poutine sont des conversations directes et franches", a estimé pour sa part Mme Colonna.

Elle a par ailleurs évoqué la "demande légitime" de l'Ukraine qui souhaite adhérer à l'Union européenne (UE), estimant que la France, qui occupe la présidence du Conseil de l'UE, est "favorable à un rapprochement de l'Ukraine et même un rapprochement accéléré", et à l'ouverture de "voies de solidarité et de voies de coopération".

Début mai, M. Macron avait proposé que Kiev rejoigne une "communauté politique européenne", en plein débat sur le lancement du processus d'adhésion de l'Ukraine, jugeant qu'il faudrait "des décennies" à ce pays pour rejoindre l'UE.

M. Zelensky avait ensuite rétorqué le 21 mai qu'il n'existait "pas d'alternatives" à la candidature de l'Ukraine à l'UE.

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