Adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne: Kiev attend "un oui franc et massif"

Le président de la Rada ukrainienne (le parlement), Ruslan Stefanchuk, a été reçu lundi en milieu de journée à la Chambre par sa présidente Eliane Tillieux. L'occasion pour l'élu du parti Serviteur du peuple, celui du président Volodymyr Zelensky, de relayer auprès des Belges un message qu'il avait déjà porté la semaine dernière à la plénière du Parlement européen à Strasbourg, ou encore auprès des parlementaires néerlandais: l'Ukraine espère et attend dans les prochains jours un "oui franc et massif" de la part des Européens, en réponse à sa demande d'être reconnue officiellement pays candidat à l'adhésion à l'Union.

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Adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne: Kiev attend "un oui franc et massif"
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"Nous avons beaucoup parlé des valeurs et des principes de l'UE", a indiqué Ruslan Stefanchuk à l'issue d'une réunion de travail d'une grosse heure avec Eliane Tillieux et Els Van Hoof, présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. "Et nous arrivons à la conclusion que les Ukrainiens démontrent aujourd'hui, en sacrifiant leur propre vie, qu'ils se battent pour ces valeurs et ces principes".

L'avis de la Commission européenne sur la demande de l'Ukraine de devenir pays candidat est attendu à la fin de cette semaine, alors que les chefs d'État et de gouvernement des 27 se réuniront en fin de semaine prochaine à Bruxelles. L'Ukrainesera un point important à l'agenda de ce sommet. Si des pays proches géographiquement, au premier rang desquels la Pologne, poussent pour ouvrir sans attendre les portes de l'Europe à ce voisin, d'autres, parmi lesquels les pays du Benelux ou encore la France, rappellent volontiers qu'il y a toute une procédure à suivre, et de nombreuses étapes à franchir, avant d'entrer dans l'Union.

Ruslan Stefanchuk a remercié lundi la présidence de la Chambre pour son "soutien politique", et les Belges pour avoir non seulement ouvert "la porte de leurs maisons" mais aussi "leur cœur" à l'Ukraine et à ses citoyens.

Il a rappelé que selon lui c'est bien la sécurité de tout le continent européen qui est en jeu. "La guerre n'est pas seulement en Ukraine (...), personne ne peut dire qui sera le suivant". "Nous sommes conscients que les sanctions européennes créent de la pression sur les Européens, mais, croyez-moi, en cas de défaite le prix à payer sera nettement plus élevé", a-t-il ajouté.

À ses côtés, Emine Dzhaparova, envoyée spéciale du président ukrainien et vice-ministre des Affaires étrangères, a comparé les attentes ukrainiennes à une demande en mariage. Le partenaire "offre un anneau à sa promise, sans savoir si finalement elle voudra de lui". Sur son compte Twitter, la responsable ukrainienne a indiqué avoir insisté entre autres sur l'importance de poursuivre en justice les responsables russes de crimes sur le sol ukrainien "dont la destruction et le vol de fonds muséaux", le besoin ukrainien de davantage d'"armes lourdes" dans le conflit actuel et la préparation de la reconstruction du pays, en "ciblant des actifs russes".

Selon Els Van Hoof, la délégation ukrainienne a relayé quelques "demandes claires" auprès de la Chambre, "entre autres sur le plan militaire". La Belgique a déjà fourni des armes, munitions et du matériel de protection, des livraisons qui bénéficient de remboursements de la Facilité européenne pour la paix. Mais il faudrait fournir du matériel plus "technologique", affirme Els Van Hoof. Les sanctions européennes sont par ailleurs "très appréciées" des Ukrainiens, assure l'élue, selon laquelle la Belgique est l'un des pays qui les appliquent avec le plus de zèle.

"Nous avons clairement dit que les Belges, et que le parlement, sentent dans leur cœur que l'Ukraine appartient à l'Europe", a ajouté Els Van Hoof.