Au premier jour du sommet du G7, les forces russes frappent Kiev "pour intimider les Ukrainiens"

Le jour de la réunion du G7, la Russie a bombardé Kiev.

S.Vt. (avec AFP)

Kiev a été réveillé, à l’aube, par les bombardements d’immeubles résidentiels et d’une usine d’armement dimanche, jour de l’ouverture du sommet du G7 en Bavière. C’est la troisième fois, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, que ce quartier situé non loin du centre historique est visé par des missiles. Touché mi-mars, il l’a aussi été le 28 avril lors de la visite à Kiev du secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres. Cette fois, quatre blessés ont été hospitalisés, dont une petite fille de 7 ans qui résidait au neuvième étage de l’immeuble attaqué.

La Russie a aussi frappé, dimanche, trois centres d'entraînement militaires dans le nord et l'ouest de l'Ukraine, dont un situé à proximité de la frontière polonaise. Selon le maire de la capitale, Vitaly Klitschko, les Russes ont voulu "intimider les Ukrainiens", alors que les dirigeants du Groupe des sept convergeaient vers Elmau, en Allemagne, et que ceux de l'Otan se retrouveront mardi à Madrid. Moscou rappelle ainsi, une nouvelle fois, qu'il est capable d'atteindre n'importe quel point du territoire ukrainien, même si l'essentiel des opérations se déroule désormais dans le sud et l'est du pays, où les forces russes ont pénétré dans la localité de Lyssytchansk.

"Dans les prochains mois, nous allons transférer à la Biélorussie des systèmes de missile tactique Iskander-M, qui peuvent utiliser des missiles balistiques ou de croisière, dans leurs versions conventionnelle et nucléaire", a de surcroît annoncé Vladimir Poutine, au début d'un entretien avec Alexandre Loukachenko, samedi à Saint-Pétersbourg. Les deux Présidents ont aussi indiqué vouloir moderniser l'aviation de Minsk pour la rendre capable de transporter des armes nucléaires.

"Impérialisme maladif"

C'est dans ce contexte que l'Ukraine a, une nouvelle fois, réclamé plus d'armes lourdes et de sanctions contre Moscou aux pays du G7 - elle aura été entendue sur ce point avec la proposition d'embargo sur l'or russe. Le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a appelé, sur Twitter, à "vaincre l'impérialisme maladif". "Il est extrêmement important qu'au cours des sommets de cette semaine, le G7 et l'Otan démontrent que leur engagement pour défendre l'Ukraine ne sera jamais plus faible que le désir de (Vladimir) Poutine de s'en emparer", a-t-il ajouté dans une tribune coécrite avec son homologue britannique, Liz Truss. L'Alliance atlantique dévoilera ses plans pour protéger son flanc oriental, un renforcement défensif qui s'accompagnera d'un nouveau "concept stratégique", qui devrait durcir sa position à l'égard de la Russie et mentionner pour la première fois les défis posés par la Chine.

Mais, face aux ravages causés par l'armée russe, les dirigeants du G7 pourraient discuter de l'appel lancé cette semaine par le chancelier allemand, Olaf Scholz, en faveur d'un "Plan Marshall" pour la reconstruction de l'Ukraine, projet de longue haleine qui coûtera des "milliards" et impliquera "plusieurs générations".

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