Guerre en Ukraine : la Russie va augmenter ses troupes à ses frontières occidentales en réaction à l'Otan

La Russie va renforcer sa présence militaire aux frontières qu'elle partage avec les pays occidentaux en réaction à la volonté affichée par l'Otan de porter de 40.000 à plus de 300.000 soldats ses troupes à haut niveau de préparation pour faire face à la menace russe.

Le ministère russe de la Défense élabore actuellement un plan à ce sujet, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse Interfax. "L'Otan forme un bloc agressif, basé sur la confrontation", a poursuivi M. Peskov, sans fournir de détails sur ce plan.

La Russie accuse l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord de se rapprocher dangereusement de la frontière russe, longue de plus de 1.300 kilomètres en Finlande. Ce pays, comme sa voisine la Suède, a annoncé en mai poser sa candidature pour adhérer à l'Alliance en réaction à l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février dernier.

Après la fin de la Guerre froide, la Suède et la Finlande étaient déjà devenues partenaires de l'Otan et membres de l'Union européenne. Mais une entrée dans l'Otan était inenvisageable politiquement il y a encore quelques mois. Ancien grand duché russe, la Finlande avait été envahie par l'Union soviétique en 1939 et l'invasion de l'Ukraine - sous prétexte de "dénazifier" ce pays - a rebattu les cartes côté scandinave.

Le président russe avait, lui, qualifié d'"erreur" une éventuelle adhésion à l'Otan, jugeant que la sécurité de la Finlande n'était en rien menacée.

Mardi, le nouveau chef de l'armée britannique, Patrick Sanders, a estimé "dangereux" de supposer que l'agression russe s'arrêterait avec l'Ukraine. "La Russie posera une menace encore plus grande pour la sécurité européenne après l'Ukraine qu'avant", a-t-il soutenu, voyant dans l'expansion territoriale russe une situation comparable à celle qui prévalait en 1937 peu avant la Seconde Guerre mondiale avec l'Allemagne nazie. "L'invasion russe nous rappelle cette maxime consacrée que, si on veut éviter le conflit, mieux vaut se préparer à la guerre", a-t-il conclu dans son discours de prise de fonction, prononcé au centre de réflexion Royal United Services Institute (RUSI).