Un ancien conseiller de Poutine en désaccord avec l'invasion de l'Ukraine, hospitalisé d'urgence : un empoisonnement évoqué par le camp Navalny

Anatoli Tchoubaïs, un ancien conseiller du président Poutine, a fui la Russie en mars car il aurait désapprouvé l'invasion de la Russie en Ukraine.

M.Ch (avec AFP)
Un ancien conseiller de Poutine en désaccord avec l'invasion de l'Ukraine, hospitalisé d'urgence : un empoisonnement évoqué par le camp Navalny
©AP

Selon un proche d'Anatoli Tchoubaïs, l'homme de 66 ans serait dans un état grave. C'est ce qu'affirme Christo Grozev de Bellingcat, un réseau de journalistes d'investigation et de fact-checking, qui a recueilli une série de témoignages.

Après être tombé gravement malade, Tchoubaïs a été pris en charge par des personnes en combinaison de protection. Il a été admis dans un hôpital où ceux qui s'occupent de lui portent des combinaisons Hazmat. Ces dernières protègent des substances dangereuses, témoigne une amie de la famille Ksenia Sobchak.

Au vu des premières analyses, Tchoubaïs semble souffrir du syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune assez rare qui correspond à une attaque de l'organisme sur les nerfs sains. Une situation qui a fait réagir la porte-parole d'Alexeï Navalny. "C'est la réputation du Kremlin", écrit-elle sur Twitter. "Personne ne doute que Tchoubaïs a été empoisonné."

De l'autre côté, le Kremlin se dit attristé de ce qui arrive à Anatoli Tchoubaïs. Son porte-parole, Dmitri Peskov, a d'ailleurs déclaré que la Russie était prête à aider l'ancien conseiller présidentiel, s'il le demandait.

Anatoli Tchoubaïs, père des privatisations russes après la chute de l’Union soviétique en 1991, avait démissionné en mars dernier de son poste de conseiller du président Vladimir Poutine sur le dossier climatique. “Oui. Tchoubaïs a démissionné de son plein gré. Mais s’il est parti ou non (du pays) – c’est son affaire”, avait déclaré à l’époque le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, confirmant de nombreuses sources anonymes dans les médias russes.

Ni M. Peskov ni les médias russes n’ont donné la raison de cette démission et M. Tchoubaïs lui-même ne s’est pas exprimé publiquement depuis lors.

Des sources anonymes avaient indiqué en mars que la démission était due à son désaccord avec l’intervention militaire en Ukraine. Il s’agissait à l’époque du responsable le plus haut placé à démissionner depuis le début de l’offensive russe, le 24 février.

Figure libérale respectée, artisan des grandes et douloureuses réformes des années 1990, M. Tchoubaïs était représentant du président russe sur le dossier climatique depuis fin 2020. Il était l’un des seuls progressistes de l’époque à être resté au gouvernement tout en maintenant des liens avec les Occidentaux.