Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 172e jour

L'armée ukrainienne accentuait dimanche la pression sur la tête de pont russe autour de Kherson, dans le sud du pays, tandis que la Russie intensifiait ses efforts pour avancer dans l'est, jusqu'à présent sans grands succès.

Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 172e jour
©AP

L'armée ukrainienne accentuait dimanche la pression sur la tête de pont russe autour de Kherson, dans le sud du pays, tandis que la Russie intensifiait ses efforts pour avancer dans l'est, jusqu'à présent sans grands succès.

"Au cours de la semaine écoulée la priorité de la Russie a vraisemblablement été de réorienter des unités pour se renforcer dans le sud de l'Ukraine", résume le ministère britannique de la Défense.

"Toutefois, dans le Donbass (est, NDLR) les forces soutenues par la Russie, en grande partie les milices de l'autoproclamée +République populaire de Donetsk+, ont continué à tenter des assauts au nord de la ville de Donetsk", précise-t-il.

Pour l'ancien colonel français Michel Goya, "on s'approche du point Oméga, ce moment où les ressources disponibles en stock ou en production ne suffisent plus à alimenter les attaques".

"Celles-ci continuent bien sûr, du côté de Bakhmout (...) ou plus au sud à proximité de la ville de Donetsk, mais le rendement global de tous ces combats en km2 conquis depuis un mois est le plus faible de toute la guerre", soulignait-il cette semaine sur son blog.

Voici un point de la situation au 172e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

Ravitaillement russe menacé dans le Sud

Dans la région de Kherson, première ville d'importance tombée le 3 mars, l'Ukraine a affirmé avoir quasiment isolé les troupes russes déployées sur la rive ouest du Dniepr par des bombardements qui ont rendu les trois ponts de la zone impraticables.

"Les seuls moyens de traverser le fleuve pour l'occupant sont des pontons près du pont Antonivski mais ils ne pourront pas totalement répondre à leurs besoins en équipement et en munitions", a déclaré un député régional, Serguiï Khlan.

Outre le pont Antonivski, en banlieue de Kherson, plusieurs fois touché par des missiles depuis fin juillet, celui du barrage de Nova Kakhovka, à 50 kilomètres au nord-est, a été frappé à plusieurs reprises cette semaine, y compris samedi, selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW).

"Acheminer par des pontons ou par voie aérienne les munitions, le carburant et l'équipement lourd nécessaires à des opérations offensives ou même à des opérations défensives à grande échelle est peu pratique, voire impossible", explique l'ISW.

"Si les forces ukrainiennes ont paralysé ces trois ponts et peuvent empêcher les Russes d'en remettre aucun en état de fonctionner pendant une période prolongée, alors les forces russes sur la rive ouest du Dniepr perdront probablement la capacité de se défendre même face à des contre-attaques ukrainiennes limitées", poursuit-il.

Poussée russe renouvelée dans l'Est

A Donetsk, une des deux régions du bassin houiller du Donbass, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné le 30 juillet l'évacuation de la population, "des combats particulièrement intenses se sont concentrés sur le village de Pisky, près du site de l'aéroport de Donetsk", selon le ministère britannique de la Défense.

"L'assaut russe vise probablement à contrôler l'autoroute M04, principal accès à Donetsk en provenance de l'ouest", estime-t-il.

"Les forces russes avaient apparemment réduit leurs actions offensives à l'est de Siversk et menaient des attaques terrestres sporadiques et limitées tout en s'appuyant largement sur les bombardements d'artillerie contre les localités environnantes depuis le 6 août", remarque l'ISW.

"En revanche, depuis le 11 août, elles ont augmenté le nombre de leurs attaques terrestres dans la zone de Siversk", ajoute-t-il, y voyant une possible tentative de forcer l'Ukraine à y engager davantage de forces et d'équipement et de la détourner ainsi d'éventuelles contre-attaques accrues dans le Sud.