Guerre en Ukraine: le corps du travailleur humanitaire Paul Urey présenterait "des signes de possibles tortures innommables"

Le Britannique Paul Urey, mort mi-juillet en Ukraine où il était détenu par les pro-russes, a pu y être torturé, ont indiqué Kiev et Londres.

Guerre en Ukraine: le corps du travailleur humanitaire Paul Urey présenterait "des signes de possibles tortures innommables"
©AP

"Nous sommes troublés par des informations indiquant que le travailleur humanitaire Paul Urey a pu être torturé en détention. Il est essentiel que nous ayons les résultats d'une autopsie complète le plus rapidement possible", a indiqué jeudi la diplomatie britannique.

Paul Urey, qui se trouvait en Ukraine en mission humanitaire selon ses proches mais que les pro-russes accusent d'être mercenaire, est mort en détention le 10 juillet, avaient alors annoncé les autorités séparatistes dans l'Est de l'Ukraine.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a indiqué mercredi sur Twitter que le corps du Britannique, que les Russes ont remis aux autorités ukrainiennes, montrait "des signes de possibles tortures innommables".

"Détenir et torturer des civils est un acte de barbarie et un crime de guerre haineux", a ajouté le ministre ukrainien, promettant que l'Ukraine poursuivrait les responsables.

A l'époque de sa mort, Liz Truss, alors cheffe de la diplomatie et depuis devenue Première ministre du Royaume-Uni, avait assuré que "la Russie devait porter l'entière responsabilité" de la mort du Britannique.

Paul Urey et Dylan Healy, un autre travailleur humanitaire, avaient été capturés par l'armée russe dans le sud de l'Ukraine le 29 avril, selon une organisation à but non lucratif ayant son siège au Royaume-Uni, Presidium Network.

La mère de M. Urey avait alors indiqué que son fils était en mission humanitaire, qu'il souffrait de diabète et avait besoin d'insuline.

Originaire de Manchester et Warrington dans le nord de l'Angleterre, Paul Urey est présenté par l'organisation humanitaire Presidium Network comme un père de famille qui n'a pas fait l'armée mais a passé huit ans en Afghanistan en tant qu'entrepreneur civil.

Rapidement après l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, le Royaume-Uni avait fortement déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans le pays envahi.

En juillet, l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait accusé l'armée russe de se livrer à la torture, aux détentions illégales et aux disparitions forcées de civils dans les zones sous leur contrôle dans le sud de l'Ukraine en guerre

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