"Il y a encore deux semaines, j'aurais dit que l'ensemble du Donbass serait aux mains des Russes dans six mois. Aujourd'hui, je dis qu'ils n'y arriveront pas"

L'inspecteur de l'armée allemande, le général Eberhard Zorn, appelle mercredi à la prudence au sujet de la contre-offensive ukrainienne, insuffisante selon lui pour faire "reculer la Russie sur un large front".

AFP
"Il y a encore deux semaines, j'aurais dit que l'ensemble du Donbass serait aux mains des Russes dans six mois. Aujourd'hui, je dis qu'ils n'y arriveront pas"
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Les forces ukrainiennes mènent actuellement des "contre-attaques qui permettent de reconquérir des lieux ou certaines parties du front, mais pas de faire reculer la Russie sur un large front", estime le haut-gradé dans l'hebdomadaire Focus.

Kiev agit toutefois selon lui "intelligemment (...) et mène les opérations de manière souveraine et très mobile".

"Il y a encore deux semaines, j'aurais dit que l'ensemble du Donbass serait aux mains des Russes dans six mois. Aujourd'hui, je dis qu'ils n'y arriveront pas", prévient le général Zorn.

L'inspecteur de la Bundeswehr, l'armée allemande, justifie en outre les réticences de Berlin à livrer les armes lourdes réclamées par l'Ukraine.

La liste des équipements déjà livrés par l'Allemagne est "considérable, tant en termes de quantité que de qualité", fait-il valoir.

Mais l'Allemagne ne doit pas selon lui trop dégarnir ses stocks. "Tout ce que nous cédons, nous en avons besoin en retour."

Face à un Vladimir Poutine qui ne comprend que le langage "de la puissance" et "pour une dissuasion efficace, nous avons besoin des forces" en Allemagne.

D'autant que le président russe pourrait, selon l'inspecteur de la Bundeswehr, ouvrir un nouveau front: "Kaliningrad, la mer Baltique, la frontière finlandaise, la Géorgie, la Moldavie... il y a beaucoup de possibilités. Poutine en aurait les capacités".

"Même si environ 60% de ses forces terrestres sont engagées dans la guerre en Ukraine, les forces terrestres et surtout la marine et l'armée de l'air russes disposent encore de capacités non engagées", met-il en garde.

Le chancelier Olaf Scholz subit ces derniers jours la pression de Kiev mais aussi de ses partenaires de coalition gouvernementale pour livrer à l'Ukraine des chars Leopard-2, sans succès à ce stade.

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