Le fils du porte-parole du Kremlin est-il un déserteur ? Son père prend sa défense

Piégé par un animateur d'une chaîne YouTube, le fils du porte-parole du Kremlin a refusé de rejoindre le front.

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Le fils du porte-parole du Kremlin est-il un déserteur ? Son père prend sa défense
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Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a défendu jeudi son fils Nikolaï, accusé d'avoir refusé d'être mobilisé pour l'offensive russe en Ukraine, après la publication d'une conversation téléphonique devenue virale sur internet. Dans cette vidéo abondamment relayée sur les réseaux sociaux, un blogueur appelle en direct le fils du porte-parole russe, se faisant passer pour un recruteur de l'armée chargé d'appeler les réservistes mobilisés à la suite de l'annonce du président Vladimir Poutine.

"Une convocation vous a été envoyée aujourd'hui", affirme pour commencer Dmitri Nizovtsev, l'animateur de "La politique populaire", une chaîne YouTube créée par des soutiens de l'opposant russe incarcéré Alexeï Navalny.

"Dessus, il y a un numéro que vous devez rappeler et demain, à 10H00 du matin, vous devez vous présenter dans un centre de convocation", poursuit le blogueur sur un ton ferme, pour rendre le canular crédible.

Nikolaï Peskov, 32 ans, semble un temps déconcerté, avant d'assurer: "Evidemment, que je ne viendrai pas demain à 10H00 du matin", laissant entendre qu'il ne se laisserait pas enrôler dans l'armée.

"Vous devez comprendre, si vous savez que je suis M. Peskov, qu'il n'est pas tout à fait correct que je sois là-bas", ajoute-t-il. "Je règlerai ça à un autre niveau".

"Je n'ai aucun problème pour défendre la patrie. Mais je dois d'abord comprendre ce qui est faisable me concernant", se justifie-t-il par ailleurs.

Invité jeudi à commenter cette vidéo, Dmitri Peskov a affirmé aux journalistes "être au courant" mais a assuré que "le texte intégral (de la discussion) n'a pas été publié".

Mercredi, le président Vladimir Poutine a annoncé une "mobilisation partielle" ne devant concerner que quelque 300.000 réservistes qui ont une "expérience militaire". De nombreux Russes redoutent cependant une mobilisation plus massive.