Des responsables politiques russes s'inquiètent des "excès" de la mobilisation: "Il est juste qu'il y ait une forte réaction dans la société"

Poutine a décrété la mobilisation partielle de 300 000 hommes cette semaine. Cependant, davantage de personnes sont concernées par la mesure : les présidents du Parlement demandent à ce que l'on s'en tienne à ce qui a été décrété.

Belga/AFP
Des responsables politiques russes s'inquiètent des "excès" de la mobilisation: "Il est juste qu'il y ait une forte réaction dans la société"
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Les présidents du parlement russe se sont inquiétés dimanche du chaos provoqué par la mobilisation militaire décrétée par le président Poutine. La première mobilisation de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à une série de manifestations dans tout le pays, et plus de 2 000 personnes ont été arrêtées, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Les hommes en âge de combattre tentent de fuir le pays en masse.

En annonçant mercredi cette mobilisation "partielle" des réservistes pour aller en Ukraine, M. Poutine avait souligné que seules les personnes ayant une expérience militaire ou des compétences "pertinentes" seraient appelées. Mais plusieurs cas de personnes ayant dépassé l'âge de combattre, malades ou exemptées pour d'autres raisons, ont provoqué des réactions indignées sur les réseaux sociaux, suscitant l'embarras et l'inquiétude des autorités.

Dans la région de Volgograd (Sud-Ouest), c'est un militaire à la retraite de 63 ans, souffrant d'un diabète lourd et de problèmes cérébraux, qui a été renvoyé du centre d'entraînement où il avait été convoqué, selon les autorités. Dans la même région, le directeur d'une petite école rurale, Alexandre Faltine, âgé de 58 ans, a reçu un ordre de mobilisation alors qu'il n'avait pas servi dans l'armée. Après la publication d'une vidéo de sa fille sur les réseaux sociaux, où elle a été très partagée, il a pu rentrer chez lui.

La Russie admet des "erreurs" durant la mobilisation

Les autorités russes ont promis de réparer les "erreurs" commises dans le cadre de la mobilisation décrétée par le président Vladimir Poutine, après la convocation de personnes censées être exemptées qui a suscité un tollé.

Les présidents, fidèles à Poutine, ont ordonné aux administrateurs régionaux d'arrêter rapidement les "excès" de la mobilisation. Dans une admission inhabituelle de dysfonctionnements, la présidente de la chambre haute du Parlement, Valentina Matvienko, a sèchement réprimandé les autorités régionales, qui supervisent la mobilisation.

"Des cas impropres de mobilisation (...) suscitent des discussions animées dans la société et sur les réseaux sociaux", a-t-elle déploré dans un communiqué publié sur Telegram. "Certains jugent, semble-t-il, qu'il est plus important de présenter leur rapport rapidement que de remplir correctement une mission importante pour l'Etat. De tels excès sont absolument inacceptables. Et à mon avis, il est juste qu'il y ait une forte réaction à ce sujet dans la société", a-t-elle ajouté.

"Faites en sorte que la mobilisation partielle soit remplie dans le respect total des critères annoncés. Et sans commettre une seule erreur!" a-t-elle ordonné.

Le président de la Douma, Vijacheslav Volodin, a un message similaire. "Si une erreur est commise, il est nécessaire de la corriger. Les autorités à tous les niveaux doivent être conscientes de leurs responsabilités."

Selon la lecture officielle, le président Poutine a convoqué 300 000 personnes à la mobilisation. Les rapports des médias russes indépendants indiquant qu'en réalité plus d'un million d'hommes seront impliqués ont été démentis à deux reprises par le Kremlin.