La Russie frappée par plusieurs fusillades: au moins 15 morts dont 11 enfants dans une attaque contre une école, Poutine dénonce un "acte de terroriste inhumain"

Un homme a ouvert le feu lundi dans un centre de recrutement de l'armée russe en Sibérie, blessant grièvement un militaire qui y travaillait, en pleine mobilisation partielle pour combattre en Ukraine. Une autre attaque, sans lien avec la première, a visé une école. Des enfants figurent parmi les victimes.

Un homme a ouvert le feu lundi dans un centre de recrutement de l'armée russe en Sibérie, blessant grièvement un militaire qui y travaillait, a indiqué un responsable, en pleine mobilisation partielle pour combattre en Ukraine.

"Le commissaire militaire Alexandre Elisseïev est en réanimation, dans un état très grave (...) Le tireur a été immédiatement arrêté. Il sera obligatoirement puni!", a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev.

Il a précisé que la fusillade a eu lieu dans le centre de recrutement militaire d'Oust-Ilimsk, une ville industrielle située en pleine Sibérie, à 600 kilomètres au nord d'Irkoutsk.

Dans un communiqué, le Comité d'enquête russe a précisé que le suspect était un habitant de cette ville âgé de 25 ans.

Cet incident survient alors que des protestations se sont fait entendre en Russie contre la mobilisation partielle ordonnée le 21 septembre par Vladimir Poutine.

Selon l'ONG OVD-Info, plus de 2.300 personnes ont été interpellées depuis cette annonce lors d'actions contre la mobilisation militaire. D'importants départs de Russes vers des pays frontaliers ont également été signalés.

Une fusillade dans une école russe fait au moins treize morts, Poutine réagit

A noter qu'une autre fusillade s'est produite ce même jour en Russie. Au moins 15 personnes ont été tuées dont 11 enfants au cours d'une fusillade dans une école d'Ijevsk, dans le centre de la Russie, a annoncé lundi le Comité d'enquête de Russie, selon lequel l'assaillant s'est suicidé. "A la suite du crime, 15 personnes sont décédées, dont onze enfants et quatre adultes (et) 24 autres blessées dont 22 enfants et 2 adultes", a indiqué dans l'après-midi le Comité d'enquête, revoyant son bilan précédent à la hausse.

Le président russe Vladimir Poutine a réagi et dénoncé un "acte de terroriste inhumain". "Le président pleure profondément la mort de personnes et d'enfants dans cette école où un attentat terroriste a été perpétré", a indiqué à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "Le président souhaite la guérison aux blessés de cet attentat inhumain", a ajouté le Kremlin.

Le suspect portait un pull "noir à la symbolique nazie et une cagoule", a ajouté la même source, précisant que "son identité est en train d'être établie".

Un précédent bilan du Comité d'enquête russe faisait état de neuf victimes dont cinq enfants.

Les enquêteurs ont également publié une vidéo montrant le corps d'un individu allongé sur le sol, du sang autour du crâne et vêtu d'un pull noir sur lequel figurait un croix gammée rouge.

Un peu plus tôt, le ministère russe de l'Intérieur avait évoqué six victimes et 20 blessés.

"Les policiers ont retrouvé le corps de l'homme qui a ouvert le feu. Selon nos informations, il s'est suicidé", a-t-il ajouté.

Le site de l'établissement scolaire indique qu'il compte près de mille élèves et 80 enseignants.

Les faits se sont déroulés dans la matinée dans cette ville juste à l'ouest du massif de l'Oural, chaîne montagneuse qui sépare la Russie européenne et asiatique. Cette cité abrite toujours les usines fabriquant les fusils d'assaut Kalachnikov.

Selon M. Bretchalov, "une personne non-identifiée est entrée dans l'école" avant de "tuer le garde" et d'ouvrir le feu à l'intérieur de l'école.

"L'évacuation est terminée" et "l'ensemble du périmètre est bouclé", avait-il assuré dans sa vidéo, précisant que la Garde nationale russe, les services de sécurité du FSB et "les autorités en charge de l'enquête" étaient déjà sur place.

Selon le ministère de la Santé, "14 équipes d'ambulanciers" sont aussi sur le site et "un groupe de médecins" doit se rendre prochainement à Ijevsk "pour aider les victimes".

Une enquête pour "meurtre" et "port illégal d'armes" a été rapidement ouverte et transférée au Comité d'enquête de Russie, le principal organe d'investigation du pays.