Guerre en Ukraine: l'armée ukrainienne dit avoir "encerclé" plusieurs milliers de soldats russes à Lyman

L'Ukraine a affirmé samedi avoir "encerclé" plusieurs milliers de soldats russes à Lyman, ville stratégique de l'Est dans la région de Donetsk, annexée vendredi par Moscou malgré les condamnations de Kiev et des Occidentaux.

Guerre en Ukraine: l'armée ukrainienne dit avoir "encerclé" plusieurs milliers de soldats russes à Lyman
©AFP

"Les forces russes sont encerclées à Lyman" après avoir repris cinq villages dans les environs, a déclaré à la télévision un porte-parole de l'armée ukrainienne dans l'Est, Serguiï Tcherevatiï, cité par l'agence Interfax-Ukraine.

Selon lui, "environ 5.000-5.500 Russes" étaient retranchés dans et autour de Lyman ces derniers jours.

Pour Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région voisine de Lougansk, les soldats russes présents "dans le chaudron" de Lyman "ont trois options: s'enfuir, mourir tous ensemble ou se rendre".

Vendredi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'était félicité des "résultats significatifs" de la contre-offensive de ses troupes dans l'Est, poussant les Russes à se retirer de nombreux territoires conquis.

Vendredi, un haut responsable séparatiste prorusse, Denis Pouchiline, avait reconnu que les Russes présents à Lyman y combattaient "à bout de force", face à une situation "difficile".

Il avait également indiqué que les forces russes y étaient "partiellement encerclées" par les soldats ukrainiens.

La prise de Lyman serait une victoire clé pour Kiev, avec la conquête de cet important noeud ferroviaire dans la région de Donetsk, annexée vendredi par la Russie.

Cour internationale de justice, Otan

A la suite de l'annexion vendredi de quatre régions ukrainiennes par Moscou, l'Ukraine a annoncé saisir la Cour internationale de justice (CIJ), "exhortant la Cour à se saisir du dossier le plus vite possible".

Volodymyr Zelensky a aussi annoncé qu'il allait "signer la candidature de l'Ukraine en vue d'une adhésion accélérée à l'Otan", une décision soutenue par les Etats-Unis et le Canada.

"Nous soutenons fermement l'entrée dans l'Otan de pays qui souhaitent y adhérer et qui peuvent y apporter leurs capacités", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, tout en rappelant "le processus à suivre" pour les Etats candidats.

Vendredi soir, le président russe Vladimir Poutine avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l'annexion des territoires ukrainiens.

"La victoire sera à nous", a-t-il lancé, micro en mains, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la Place Rouge à Moscou.

Peu avant au Kremlin, il avait signé les documents d'annexion, aux côtés des dirigeants des régions séparatistes d'Ukraine de Donetsk et Lougansk (est), et de celles occupées par les troupes russes de Zaporijjia et de Kherson (sud).

Dans son discours, M. Poutine a pointé du doigt l'Occident, qu'il a accusé de vouloir préserver un "système néocolonial", assurant de son côté qu'il "n'aspirait pas" à restaurer l'URSS malgré son invasion de l'Ukraine.

Pas "intimidés"

Les dirigeants des pays de l'UE ont publié vendredi une déclaration "rejetant" et "condamnant" l'"annexion illégale" des régions ukrainiennes.

L'Otan a dénoncé une annexion "illégitime", tandis qu'à New York le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné une résolution condamnant les "pseudo-annexions" en Ukraine, qui a immédiatement été bloquée par un veto de la Russie.

Le président américain Joe Biden a lui juré d'"appuyer les efforts de l'Ukraine pour regagner le contrôle de son territoire" et affirmé que les Etats-Unis et leurs alliés ne se laisseraient pas "intimider" par le président Poutine.

Ces annexions interviennent après sept mois d'invasion russe en Ukraine et de soi-disant "référendums" organisés en urgence dans les régions occupées face à la contre-offensive réussie par Kiev depuis début septembre.

Les récents succès militaires côté ukrainien ont ainsi poussé Vladimir Poutine a décréter une mobilisation "partielle" de centaines de milliers de réservistes civils, pour tenter d'endiguer la dynamique de Kiev.

La Russie a par ailleurs arrêté vendredi Igor Mourachov, le directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijjia, située sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine, a affirmé samedi l'opérateur nucléaire ukrainien Energoatom.

Une "patrouille russe" l'a extrait de sa voiture et "conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue", a indiqué Petro Kotine, patron d'Energoatom, sur un réseau social.

Le sort de M. Mourachov n'était pas connu samedi en début d'après-midi.