Un plafonnement du prix du pétrole russe aurait un "effet néfaste" sur le marché mondial, selon un ministre russe

Le vice-Premier ministre russe en charge de l'Energie, Alexandre Novak, a fustigé mercredi tout plafonnement du prix du pétrole russe qui "violerait les mécanismes du marché" et qui pourrait avoir "un effet très néfaste" sur l'industrie mondiale.

Un plafonnement du prix du pétrole russe aurait un "effet néfaste" sur le marché mondial, selon un ministre russe
©AFP

Evoquant de possibles "pénuries de pétrole" en cas d'adoption d'une telle mesure envisagée par l'UE, M. Novak a une nouvelle fois averti que les entreprises russes "ne fourniront pas de pétrole aux pays qui utilisent cet instrument".

Début septembre, le G7 avait annoncé qu'il allait "urgemment" mettre en oeuvre un plafonnement du prix du pétrole russe pour limiter les revenus liés à la vente des hydrocarbures, qui financent l'offensive de Moscou en Ukraine.

Concrètement, la Russie vendrait son pétrole à ces pays à un prix inférieur à celui auquel elle le cède aujourd'hui, mais qui resterait supérieur au prix de production, afin qu'elle ait un intérêt économique à continuer à leur en vendre, et ainsi qu'elle ne coupe pas ses livraisons.

Mais l'Inde et la Chine, parmi les plus gros importateurs de pétrole du monde, ne semblent pas disposées à se ranger derrière le G7 à ce stade, ces deux pays bénéficiant notamment de prix au rabais sur le pétrole russe.

Le vice-Premier ministre russe a par ailleurs salué "la décision historique" des pays de l'Opep+ de baisser drastiquement leurs quotas de production, de deux millions de barils par jour en novembre, afin de soutenir des prix affectés par les craintes de récession.

Interrogé également sur les fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique, M. Novak a dit que "la Russie pourrait, dans un court laps de temps, fournir du gaz" via une ligne non endommagée de Nord Stream 2, si l'Europe le souhaitait.

Pour cela, il faut selon lui que "les décisions juridiques nécessaires soient prises par les Européens concernant sa certification et la suppression des restrictions" au sujet de ce gazoduc mort-né avec l'intervention militaire russe en Ukraine.

Le responsable russe a également appelé à une "enquête objective" sur les causes de ce sabotage présumé en mer Baltique, les auteurs de cet incident inédit restant pour l'heure inconnus.