Guerre en Ukraine : des soldats russes, à peine enrôlés, déjà maltraités

Des nouvelles recrues, mobilisées depuis l'appel de Vladimir Poutine, se plaignent d'être traitées comme du bétail et de manquer d'équipement et de nourriture.

S.Vt.
Des recrues embarquent dans un train, le 29 septembre à Prudboi, dans la région de Volgograd.
Des recrues embarquent dans un train, le 29 septembre à Prudboi, dans la région de Volgograd. ©AP

Conditions de vie inhumaines, humiliations de la part des officiers, équipement obsolète ou absent : dans une vidéo diffusée par le média indépendant The Insider , des recrues russes, récemment mobilisées, envoyées dans la région de Belgorod, crient leur mécontentement sur un quai de gare. "Personne n'a besoin de nous", lance une voix derrière la caméra.

Certains disent avoir été contraints de dormir dehors pendant plusieurs jours, jusqu'à tomber malades. L'un des soldats affirme qu'ils sont cinq cents à avoir passé une semaine à vivre "comme du bétail", sans approvisionnement ni affectation à une unité militaire.

Équipés d'armes datant d'un demi-siècle et radiées des entrepôts, ils disent avoir dû payer de leur poche leur nourriture et leur équipement. "Nous avons dépensé une somme d'argent absurde juste pour nous nourrir, sans parler des munitions."

Depuis l'annonce de la mobilisation "partielle", les éléments confirmant ce manque de ressources circulent sur les réseaux sociaux et - fait notable - sur les comptes des groupes proches du groupe paramilitaire Wagner, très remontés contre le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Ici, c'est un commandant qui conseille de venir avec son gilet pare-balles et du matériel médical. Là, ce sont des femmes qui, sur des chats, proposent d'emporter des tampons pour les blessures par balle et des serviettes hygiéniques comme semelles de chaussures. Ici, c'est un site web, créé pour répondre aux questions sur la mobilisation, qui encourage les soldats à apporter leurs propres lunettes de vision nocturne et leurs drones sur le champ de bataille. Là, c'est une récolte de fonds lancée par un groupe de Sverdlovsk pour acheter des kits de premiers secours, des vêtements chauds et des nouilles instantanées pour les soldats, rapporte The Moscow Times.

Cela alors que la Russie dispose du cinquième plus gros budget de défense du monde.