La Belgique va entraîner des démineurs ukrainiens sur son sol: "La Belgique soutient ainsi la résilience et la reconstruction de l'État"

Le conseil des ministres a donné vendredi le feu vert à une première participation belge à la mission d'assistance militaire pour soutenir l'Ukraine (EUMAM Ukraine), sous la forme d'une formation qui sera dispensée à des démineurs ukrainiens en Belgique et potentiellement en Allemagne, a-t-on appris de source gouvernementale.

<p>Des démineurs ukrainiens au travail sur un terrain où ont été retrouvées des tombes et fosses communes près d'Izioum, dans le nord-est de l'Ukraine, le 16 septembre 2022</p>

Le gouvernement a ainsi marqué son accord à la formation par des militaires belges d'opérateurs EOD (en anglais "Explosive Ordnance Disposal", c'est-à-dire recherche et de destruction d'engins explosifs) et pour l'achat de matériel au profit de l'armée ukrainienne, une proposition de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS).

Une soixantaine d'opérateurs EOD ukrainiens recevront en 2023 une formation spécialisée sur le nouveau matériel qui leur est destiné. Ce matériel sera ensuite offert à l'Ukraine, a précisé le ministère de la Défense à l'agence Belga.

Cette contribution belge à la "EU Military Assistance Mission to Ukraine" (EUMAM) permettra à Kiev de neutraliser nombre d'engins explosifs - mais non explosés - qui pullulent dans le pays depuis le début de l'invasion russe, le 24 février dernier.

"La Belgique soutient ainsi la résilience et la reconstruction de l'État ukrainien", a-t-on souligné à la Défense.

Les 27 États membres de l'Union européenne ont validé le 17 octobre le lancement de cette mission EUMAM Ukraine, dont le mandat aura une durée initiale de deux ans.

L'objectif est de former environ 15.000 membres des forces de défense ukrainiennes - 12.000 pourront recevoir une formation militaire de base et 2.800 une formation plus spécialisée, selon une source européenne. Les formations seront dispensées sur le territoire des États membres voulant les donner, avec une coordination des initiatives depuis Bruxelles, puisque le quartier général opérationnel y sera installé au sein du Service européen pour l'action extérieure. Un militaire français, le vice-amiral Hervé Bléjean, qui dirige la MPCC (la Capacité militaire de planification et de conduite, qui fait partie de l'État-major de l'UE), sera le commandant de mission.

L'UE va pouvoir mieux compléter la formation et l'entraînement qu'offre déjà depuis juin le Royaume-Uni.

L'Allemagne et Pologne sont appelées à jouer un rôle important, la Pologne étant déjà la porte d'entrée du matériel militaire occidental fourni à l'Ukraine.

L'UE avait déjà avant le début de la guerre le projet d'une mission de formation militaire en Ukraine. Il a pris une toute autre signification depuis l'invasion du 24 février, mais cette invasion empêche également de prévoir les formations sur place.