Exportation des céréales ukrainiennes : Erdogan "confiant" pour une solution mais Poutine attend des "garanties réelles" de Kiev

La Russie a annoncé samedi qu'elle "suspendait" sa participation à l'accord sur les céréales, après avoir accusé Kiev d'une attaque de drones sur sa flotte en Crimée. Les présidents russe et turc ont échangé par téléphone ce mardi.

Turkish President Recep Tayyip Erdogan (C) and state officials visit Anitkabir, mausoleum of Mustafa Kemal Ataturk, to mark 99th Republic Day of Turkey, in Ankara on October 29, 2022. (Photo by Adem ALTAN / AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit "confiant" après un entretien téléphonique mardi avec son homologue russe Vladimir Poutine à propos de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, après un retrait de Moscou de ce dispositif.

La Russie a annoncé samedi qu'elle "suspendait" sa participation à l'accord sur les céréales, après avoir accusé Kiev d'une attaque de drones sur sa flotte en Crimée. "Au cours de l'entretien, le président Erdogan s'est dit confiant au sujet de la coopération de toutes les parties pour trouver une solution dans ce dossier", a indiqué mardi la présidence dans un communiqué.

Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a dit à son homologue turc vouloir des "garanties réelles" de Kiev sur le respect de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes. Lors de l'entretien téléphonique avec M. Erdogan, le dirigeant russe a jugé "nécessaire" d'obtenir de Kiev des "garanties réelles du strict respect des accords d'Istanbul, notamment que le corridor humanitaire ne sera pas utilisé à des fins militaires", a indiqué le Kremlin dans un communiqué. "Ce n'est qu'après cela qu'on pourrait examiner la reprise du travail" dans le cadre de l'accord céréalier, souligne le communiqué.

Cet accord signé en juillet sous égide de l'ONU et de la Turquie avait permis l'exportation de millions de tonnes coincées dans les ports ukrainiens depuis le début de l'offensive russe fin février. La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir frappé samedi sa flotte dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée, avec des drones aériens et sous-marins, en utilisant le corridor humanitaire créé pour les exportations de ces céréales ukrainiennes. Elle a assuré que cette opération avait été planifiée avec le soutien d'experts britanniques.

L'Ukraine a de son côté dénoncé un "faux prétexte" pour la suspension de l'accord céréalier, tandis que Londres a démenti toute participation dans cette attaque.

M. Erdogan, qui offre régulièrement sa méditation entre Kiev et Moscou depuis le début du conflit le 24 février, a estimé que le fait de résoudre la question de l'accord sur l'exportation de céréales pourrait encourager les deux belligérants à retrouver le chemin des négociations de paix.

Selon le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, le président Erdogan doit également s'entretenir avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky "dans les jours qui viennent". "Nous pensons que nous allons surmonter cela", a ajouté le ministre, au sujet des difficultés liées à l'accord sur les céréales signé à Istanbul le 19 juillet sous l'égide de la Turquie et de l'ONU, qui selon lui "profite à tout le monde".

Cet accord, qui vise à prévenir une grave crise alimentaire notamment en Afrique en impliquant l'Ukraine et la Russie, arrive à échéance le 19 novembre.

LIRE AUSSI : Macron accuse la Russie de mettre en danger la sécurité alimentaire mondiale