En Ukraine, des atrocités en série sous occupation

Les autorités ukrainiennes recueillent de plus en plus de preuves attestant des atrocités commises par les anciens occupants russes dans les zones libérées autour de Kherson, Kharkiv et Donetsk, selon des rapports officiels.

A Ukrainian woman stands next to a puddle in Kherson on November 20, 2022, amid the Russian invasion of Ukraine. (Photo by BULENT KILIC / AFP)
Une Ukrainienne se tient à côté d'une flaque d'eau à Kherson, le 20 novembre 2022, en pleine invasion de l'Ukraine par la Russie. ©AFP or licensors

Plus de 700 corps ont été découverts dans ces régions au cours des deux derniers mois, a déclaré le procureur général Andriï Kostine à la télévision nationale samedi soir. Environ 90 % de ceux-ci sont des corps de civils. Une vingtaine d'endroits où des civils étaient détenus et interrogés ont également été découverts, a-t-il ajouté. "Nous avons trouvé des sites dans presque tous les villages de la région de Kharkiv, où ils ont tué des civils pacifiques", a indiqué M. Kostine.

Le médiateur du Parlement ukrainien pour les droits de l'homme, Dmytro Loubinets, s'est récemment avoué "choqué" par l'étendue des pratiques de tortures dans la région libérée de Kherson. "Même des enfants et adolescents étaient retenus prisonniers dans des chambres de torture", a-t-il révélé.

Plus d’une centaine de disparus

Le Conflict Observatory, un groupe de recherche du département de santé publique de l'université Yale dont le travail est soutenu par le département d'État américain, a recensé 226 détentions extrajudiciaires et disparitions forcées à Kherson. La moitié des personnes emprisonnées "ne semblent pas avoir été libérées", selon le rapport, qui souligne que leur sort est peu clair depuis le retrait des forces russes de Kherson le 11 novembre. Un quart des 226 personnes concernées auraient fait l'objet de tortures et quatre sont mortes en détention ou peu après. La majorité de ces actes ont été perpétrés par l'armée russe et les services de sécurité russe (FSB), selon l'étude. Les détenus et les disparus étaient principalement des hommes en âge de servir dans l'armée, notamment des fonctionnaires, de figures de la société civile, des professeurs, des policiers et des journalistes, d'après cette source. "Ces résultats donnent du crédit à une série d'allégations alarmantes sur le traitement des détenus, notamment des morts en détention, l'usage généralisé de la torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants, le pillage des personnes emprisonnées et des violences sexuelles et genrées", affirme l'étude.