Guerre en Ukraine: début du procès en Russie d'un célèbre opposant à Poutine et à la guerre en Ukraine

Le procès d'une figure de l'opposition russe détenue pour avoir critiqué l'offensive militaire en Ukraine s'est ouvert mercredi à Moscou, a constaté l'AFP.

<p>Le président russe Vladimir Poutine, le 10 novembre 2022 à Moscou</p>

Une affaire qui illustre l'implacable répression par le Kremlin de toute voix critique.

Ilia Iachine, âgé de 39 ans et député municipal moscovite au moment de son arrestation, est accusé d'avoir "diffusé de fausses informations" sur l'armée russe avec "incitation à la haine", un chef d'inculpation passible de 10 ans de prison.

L'accusation lui reproche d'avoir dénoncé lors d'une allocution en direct sur YouTube "le meurtre de civils" dans la ville ukrainienne de Boutcha, près de Kiev, où l'armée russe a été accusée d'exactions, ce que nie Moscou.

Présent à l'audience mercredi, M. Iachine est apparu souriant dans la cage de verre dévolue aux prévenus, vêtu d'un sweat-shirt sombre et d'un jean bleu et levant le pouce en direction de ses parents, selon une journaliste de l'AFP.

M. Iachine est l'un des derniers opposants de premier plan au président Vladimir Poutine à n'avoir pas quitté la Russie face à la répression, qui a poussé nombre de détracteurs du Kremlin à préférer l'exil à la prison. Il a été placé en détention provisoire en juillet, ce qui ne l'a pas empêché de continuer à critiquer les autorités de façon acerbe et à dénoncer l'intervention militaire en Ukraine.

Il a ainsi accusé les juges russes d'être des "serviteurs" du pouvoir et de donner à M. Poutine un "sentiment d'impunité". "Ce sentiment a mené au final notre pays à une guerre sanglante et à des dizaines de milliers de victimes", a-t-il dénoncé début novembre.

M. Iachine était un proche de l'opposant Boris Nemtsov, assassiné en 2015, mais aussi du militant anti-corruption Alexeï Navalny, emprisonné depuis début 2021 après avoir survécu à un empoisonnement qu'il attribue au Kremlin.

Le procès qui s'est ouvert mercredi fait partie des multiples affaires judiciaires lancées contre des responsables politiques d'opposition ou simples particuliers ayant critiqué l'offensive russe en Ukraine.

En juillet, un député municipal d'opposition à Moscou, Alexeï Gorinov, a été jugé pour diffusion de "fausses informations" sur l'armée russe, après avoir dénoncé le conflit en Ukraine, et condamné à sept ans de prison.