Un sondage révèle la lassitude des Russes face à la guerre: "Ils ne se sentent pas optimistes quant à leur avenir"

En Russie, le moral se dégrade chaque jour un peu plus face à une guerre infondée pour beaucoup et à des conséquences économiques entachant le quotidien de la population.

<p>A Moscou, le 6 novembre 2022, une affiche célèbre les "héros de la Russie"</p>
En Russie, le moral se dégrade chaque jour ©AFP

Les sanctions imposées par l'UE ne cessent d'assombrir la vie des Russes, face à la récession de leur économie et une guerre qui semble chaque jour plus insensée à leurs yeux.

Fatigués par la guerre

Un sondage, réalisé au début du mois de novembre par l'administration du président russe dans plusieurs régions du pays, a également démontré cette lassitude. Le média russe Meduza, à l'appui de deux sources proches du Kremlin, explique que "les groupes de discussion montrent clairement que les Russes 'ne se sentent pas optimistes quant à leur avenir et à celui du pays'". "C'est de l'indifférence et de l'apathie", affirme aussi une des sources du média russe.

Cependant, les sources de Meduza disent qu'elles ne s'attendent pas à de grandes manifestations anti-guerre en Russie. "Les gens s'habituent à tout", explique l'une d'elles.

Lisa, une habitante de Moscou de 34 ans, s'est confiée au média CNN pour exprimer sa lassitude: "L'humeur à Moscou et dans le pays est maintenant extrêmement sombre, intimidée et désespérée, déclare-t-elle. Les perspectives d'avenir sont plus pessimistes que jamais. Les gens n'ont aucune idée de ce qui pourrait se passer demain ou dans un an."

Privés de l'économie occidentale

Déjà maussades, les Russes accusent aussi le coup des restrictions de l'UE, explique Lisa. "Les produits familiers disparaissent, en commençant par le papier toilette et le Coca-Cola, pour finir par les vêtements".

Bien que résiliente quant à cette diminution des produits occidentaux, la Russe déplore le départ des entreprises occidentales: "Je ne sais pas vraiment comment cela aide à résoudre le conflit, car cela affecte les gens ordinaires, pas ceux qui prennent les décisions", déplore-t-elle.

Sergey Javoronkov, chercheur en politique économique, s'est également confié à CNN quant au moral russe: "L'humeur est de plus en plus critique à cause du prix économique et du mécontentement lié au fait que la situation n'a pas été résolue, contrairement aux attentes créées par le Kremlin", avance-t-il.

"C'est un effet connu : une courte guerre victorieuse peut provoquer l'enthousiasme, mais si la guerre dure sans fin et ne conduit pas au résultat souhaité, alors vient la déception", explique le chercheur.