Guerre en Ukraine: le Parlement européen approuve une aide de 18 milliards bloquée par la Hongrie

Le Parlement européen a donné jeudi son feu vert à un prêt exceptionnel de 18 milliards d'euros à l'Ukraine, que l'UE prévoit pour 2023. Le prêt devra cependant encore avoir le feu vert unanime des Etats membres, lors d'une réunion prévue le 6 décembre. La Hongrie s'y est opposée jusqu'ici et pourrait bien maintenir son veto.

 Le Parlement européen a adopté une résolution contre la Russie ce mercredi matin.

Le Parlement européen a quant à lui soutenu le mécanisme à une très large majorité: 507 voix pour, 38 contre (dont les trois eurodéputés Vlaams Belang) et 26 abstentions (dont l'eurodéputé PTB Marc Botenga).

Le tout relève d'une aide proposée par la Commission le 9 novembre dernier, qu'elle qualifie d'"assistance macrofinancière +". Il s'agira d'une série de prêts réguliers, convenus à l'avance, tout au long de l'année 2023. La Commission emprunterait elle-même sur les marchés financiers puis prêterait à conditions favorables à l'Ukraine, pour remboursement à partir de 2033. Les charges d'intérêts seraient payées par les Etats membres. Les 18 milliards pourraient, selon le Parlement, couvrir environ la moitié des besoins de financement de l'Ukraine pour l'année prochaine, que l'on estime à "3 à 4 milliards d'euros" par mois.

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La Hongrie, empêtrée dans une bataille pour obtenir des fonds européens qui pourraient lui échapper (fonds de cohésion potentiellement gelés pour des questions d'état de droit, et plan de relance pas encore approuvé), a cependant rejeté jusqu'ici l'idée de valider cette assistance financière. La semaine dernière, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán avait déclaré préférer des aides financières bilatérales de chacun des 27 à l'Ukraine, plutôt qu'un prêt commun.

Le 6 décembre, en Conseil de l'UE "Ecofin" (économie et affaires financières), le vote devrait être à l'agenda aux côtés d'autres votes délicats, dont celui sur l'éventuel gel de fonds de cohésion destinés à la Hongrie et celui sur la taxation minimale des multinationales (accord OCDE), que Budapest a également bloquée récemment.