L’hiver sera rude pour les Ukrainiens

Entre 25 à 30 % de l’infrastructure énergétique est détruite. D’autres frappes russes se dessinent. L’Otan prête à aider.

La drapeau ukrainien en berne, mardi à Kiev, où les températures descendent maintenant en dessous de zéro degré, de nuit comme de jour.
La drapeau ukrainien en berne, mardi à Kiev, où les températures descendent maintenant en dessous de zéro degré, de nuit comme de jour. ©D.R.

Faire plier les Ukrainiens. Les exposer aux rigueurs de l’hiver et les décourager. Casser leur unité et leur volonté de se défendre face à une Russie qui a perdu du terrain sur le champ de bataille. Telle est l’analyse de l’Otan, dont les ministres des Affaires étrangères sont en réunion à Bucarest, mardi et mercredi.

L’objectif du Kremlin est “d’infliger autant de souffrances que possible aux civils ukrainiens pour essayer de briser leur engagement, leur unité dans la lutte contre l’invasion russe”, a dénoncé Jens Stoltenberg à l’entame de la ministérielle.

Il est vrai que les nouvelles ne sont pas rassurantes. Selon l’armée ukrainienne, onze navires de combat russes se trouvent actuellement en mer Noire et d’autres en mer d’Azov et en mer Méditerranée. L’un d’eux est “un porte-missiles de surface qui embarque huit missiles de type Kalibr. Cela indique que des préparatifs sont en cours”, a précisé la porte-parole du commandement Sud à la télévision ukrainienne.

Jusqu’ici, les forces russes auraient détruit entre 25 et 30 % des capacités énergétiques de l’Ukraine. L’accès au chauffage, à la lumière et à l’eau est visé. Mais “ce que font les Russes, c’est de cibler spécifiquement des stations de transformation à haut voltage”, et pas seulement des centrales électriques, afin de perturber toute la chaîne énergétique, de la production à la distribution, a expliqué anonymement un haut responsable américain, cité par l’AFP.

“Les Ukrainiens sont des cracks pour réparer, mais la population souffre, surtout dans les villes”, note une source diplomatique, qui note aussi que les Russes cherchent à “gagner du temps” sur le front pour leur permettre de former les dernières recrues.

Une adhésion mise au frigo

Dans un communiqué clôturant leur première session, les ministres se sont engagés à intensifier le “soutien politique et pratique” de l’Otan à l’Ukraine, refusant d’engager l’organisation dans la guerre. C’est la ligne adoptée dès le déclenchement de l’invasion russe.

LIRE AUSSI - Guerre en Ukraine: les frappes russes contre les infrastructures énergétiques en sont un "crime de guerre"

Ce sera une aide humanitaire, la réparation des infrastructures énergétiques, la lutte contre la désinformation russe, la “protection de la population contre les attaques de missiles”… peut-être pas les systèmes de défense anti-aérienne qu’a réclamés à son arrivée à Bucarest le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba. Ces livraisons-là se font via un consortium d’alliés dirigé par les États-Unis. La question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, décidée sur le principe par les alliés en 2008, reste au frigo. “Les pays les plus ouverts à l’adhésion, même les Ukrainiens, sont très bien conscients que ce n’est pas le moment. Et puis de quel territoire ukrainien parle-t-on ?”, note une source diplomatique.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...