"L'idée fondamentale du fonctionnement de l'organisation a été violée par l'agression russe": l'OSCE dans l'impasse face au blocage par la Russie

Bloquée par la Russie, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est retrouvée dans l'impasse et s'interroge sur son avenir, à l'issue d'une conférence annuelle qui s'est achevée vendredi à Lodz dans le centre de la Pologne.

OSCE Secretary General Helga Maria Schmid, left, Polish Minister of Foreign Affairs Zbigniew Rau, center, and Minister of Foreign Affairs of North Macedonia Bujar Osmani, right, attend a press conference after a closing session of a high-level meeting of the Organization for Security and Cooperation in Europe in Lodz, Poland, Friday, Dec. 2, 2022. A security organization born in the Cold War to maintain peace in Europe ended a high-level meeting Friday without a final resolution, underlining the existential crisis it is facing amid Russia's war against Ukraine. (AP Photo/Michal Dyjuk)
La secrétaire générale de l'OSCE, Helga Maria Schmid, à gauche, le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, au centre, et le ministre des Affaires étrangères de Macédoine du Nord, Bujar Osmani, à droite, assistent à une conférence de presse après la session de clôture d'une réunion de haut niveau de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

"Nous devons rechercher les solutions qui permettront de maintenir l'organisation en activité", a déclaré le chef de la diplomatie polonaise Zbigniew Rau, dont le pays assure en 2022 la présidence tournante de l'OSCE, alors que la Russie bloque plusieurs décisions concernant le fonctionnement de cette organisation.

M. Rau se prononçait à l'issue d'une conférence ministérielle de cette organisation sécuritaire de 57 membres de trois continents, crée à l'apogée de la Guerre froide pour favoriser les relations entre l'Ouest et l'Est.

"L'idée fondamentale du fonctionnement de l'organisation a été violée par le fait même de l'agression russe contre l'Ukraine", a-t-il déclaré, estimant que l'année en cours était la "plus difficile dans l'histoire de cette organisation".

Après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie a bloqué le renouvellement de la mission permanente de l'OSCE dans ce pays, ainsi que l'extension de la mission qui suivait depuis 2014 le conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes dans l'est de son territoire.

Moscou bloque également l'adoption du budget et à la nomination des organes dirigeants de cette organisation afin d'y "installer le chaos et la paralysie", a déclaré M. Rau.

La situation de l'OSCE est "extrêmement difficile, extrêmement imprévisible", a souligné le ministre polonais des Affaires étrangères.

Le ministre a reconnu que lors de cette réunion aucune déclaration générale n'avait été adoptée par les ministres "à cause du manque de consensus", principe de base de fonctionnement de cette organisation.

"Nous avons trouvé (...) des moyens de maintenir l'organisation en vie, mais ces instruments n'ont qu'un caractère temporaire", a-t-il souligné.

La Pologne, très proche des positions ukrainiennes dans la guerre déclenchée par Moscou le 24 février dernier, a refusé l'entrée sur territoire du ministre russe de Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, provoquant l'ire de Moscou. La Russie a longtemps considéré que l'OSCE pouvait, après la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991 remplacer le système des alliances mises en place après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le ministre des Affaires étrangères de la Macédoine du Nord, Bujar Osmani, dont le pays assurera la présidence tournante de l'OSCE en 2023, a souligné que l'organisation avait "besoin d'un consensus pour changer les règles du consensus".

"Malheureusement, il n'existe aucune base juridique permettant d'exclure un État participant de l'organisation ou de modifier les règles de fonctionnement", a-t-il ajouté se référant également à la demande de l'Ukraine d'exclure la Russie de l'OSCE.